"Sage", "sectaire", "inévitable" : les réactions politiques après la démission de Laurent Wauquiez

"Sage", "sectaire", "inévitable" : les réactions politiques après la démission de Laurent Wauquiez
Laurent Wauquiez le 9 octobre 2018 à Paris.

, publié le lundi 03 juin 2019 à 09h05

Poussé vers la sortie par plusieurs cadres du parti Les Républicains, son président Laurent Wauquiez a fini par annoncer sa démission dimanche soir sur le plateau du 20 heures de TF1.  

Après le fiasco de son parti aux élections européennes, Laurent Wauquiez a annoncé dimanche 2 juin sa démission de la présidence du parti.  "Les victoires sont collectives, les défaites sont solitaires.

Il faut que je prenne mes responsabilités: (...) je vais prendre du recul. Je me retire de mes fonctions de président des Républicains", a-t-il commenté sur le plateau de TF1.

La décision de Laurent Wauquiez a suscité dès dimanche soir de nombreuses réactions politiques, dont celle du sénateur LR Roger Karoutchi. La démission de Laurent Wauquiez "met tout le monde au pied du mur : sommes-nous capables de refonder un parti de droite rassembleur et populaire ? L'espace politique existe-t-il encore ? Réponse très vite".

L'une de ses principales adversaires politiques au sein du parti, Valérie Pécresse, a salué "la sage décision de Laurent Wauquiez". 



Le maire de Nice Christian Estrosi a également salué la décision du président de la région Auvergne Rhône-Alpes avant de se réjouir de la fin "d'une période de sectarisme". 

 


L'erreur de la présidentielle

Le maire de Meaux Jean-François Copé a estimé lundi matin sur Europe 1 que la démission de Laurent Wauquiez était "inévitable". "L'erreur fondamentale de Laurent Wauquiez est d'avoir refusé de choisir entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen lors du second tour de la présidentielle", a-t-il lâché. 


Même constat pour le député Thierry Solère, qui a rejoint le parti d'Emmanuel Macron en 2018. "Ça commence au soir du premier tour de la présidentielle, a analysé Thierry Solère. Rappelez-vous, Les Républicains n'appellent même pas voter Emmanuel Macron pour barrer la route à l'extrême droite. C'est une rupture considérable. Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, depuis 20 ans, avaient toujours fait de ce point-là, une digue infranchissable", a-t-il déclaré sur Franceinfo lundi matin. 



"Le départ de Laurent Wauquiez permet la création d'une nouvelle UMP, sociale, libérale, européenne. Mais sans être dans une opposition systématique à Emmanuel Macron et Édouard Philippe. Si ce n'était pas le cas, Gérard Larcher sait que je n'en serai pas", a réagi Dominique Bussereau, président de l'Assemblée des départements de France. Le président du Sénat Gérard Larcher a en effet initié une "démarche" pour construire "un projet rassemblant la droite et le centre", conviant mardi à Paris les cadres du parti. 


Le député européen Renaud Muselier a également réagi sur le réseau social. 



"Laurent Wauquiez est devenu un homme sectaire" 

Le candidat malheureux des Républicains aux européennes, François-Xavier Bellamy a lui salué "geste d'honneur". 



Toujours Sur Europe 1 ce lundi, le ministre de l'Action et des Comptes publics Gérald Darmanin n'est pas tendre avec son ancien partenaire politique. "On retiendra aussi qu'il a fait la plus grande purge : il a exclu Edouard Philippe, Bruno Le Maire, Sébastien Lecornu, moi-même... Au lieu de préférer son pays à son parti, Laurent Wauquiez est devenu un homme sectaire et a amené la droite à 8%"


Fabienne Keller, vice-présidente du parti Agir, a mis les Républicains en garde contre une course à la droitisation avec le Rassemblement national. 


"Un rassemblement des droites"

Le président de Debout la France Nicolas Dupont-Aignan a pointé un parti "tiraillé entre son discours empreint de fermeté et ses alliés centristes", appelant "les gaullistes patriotes" à rejoindre son parti. 


Le maire de Béziers Robert Ménard, proche du RN, a plaidé pour un "rassemblement des droites". 


Du côté du Rassemblement national, Marine Le Pen a d'abord ironisé avant de tendre la main "aux à tous les cadres et électeurs LR patriotes, attachés à la défense de notre identité, à la fin du matraquage fiscal et à la restauration de la grandeur française". 

 


Une semaine après le score historiquement bas (8,48%) glané aux européennes, le parti de droite se retrouve sans leader, alors que foisonnent déjà de nombreuses initiatives pour la "reconstruction", notamment celle du président du Sénat Gérard Larcher. 

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