Roselyne Bachelot étrille la cérémonie des César, un "meeting politique" à "l'antipathie incroyable"

Roselyne Bachelot étrille la cérémonie des César, un "meeting politique" à "l'antipathie incroyable"
Roselyne Bachelot, le 3 février 2021, à Paris

publié le mardi 16 mars 2021 à 09h55

La ministre a notamment déploré la "rupture avec le public" d'une soirée qui a "nui à l'image du cinéma".

Trois jours après la cérémonie des César marqué par plusieurs déclarations et gestes des participants pour crier le désespoir du monde de la culture, la ministre Roselyne Bachelot a estimé mardi 16 mars que la soirée n'a "pas été utile au cinéma français".


"Ce qui m'a frappé, c'est que finalement, le côté 'meeting politique' de cette affaire a nui à l'image du cinéma français, alors qu'il est massivement aidé", a déclaré la ministre sur RTL, avançant le chiffre de 1,2 milliard d'euros d'aides au cinéma en 2020.

"La deuxième chose qui m'a frappé, c'est la rupture avec le public, sur les réseaux sociaux, dans les commentaires, alors que les gens aiment leur cinéma...", a-t-elle ajouté. "Il s'est secrété une antipathie absolument incroyable", selon elle.

"No culture, no future"

"Le cinéma, c'est une industrie, culturelle et créative.

Les Césars sont une vitrine pour vendre notre cinéma à l'international. Est-ce que vous voyez l'image que cela a donné? C'est navrant de voir des artistes piétiner leur outil de travail", a-t-elle encore dit.

Vendredi soir, lors de la 46e cérémonie des Césars, la scène a servi à plusieurs reprises de tribune aux participants qui ont placé la crise sanitaire et la fermeture des lieux de culture (dont les cinémas) au coeur de leurs déclarations. "No culture, no future" sur le ventre, "rends-nous l'art, Jean" sur le dos: la comédienne Corinne Masiero, alias capitaine Marleau sur le petit écran, a marqué les esprits en ôtant un costume de Peau d'âne sanguinolent, se retrouvant entièrement nue sur la scène pour remettre le prix du meilleur costume. 

Le réalisateur Stéphane Demoustier, qui a reçu le César de la meilleure adaptation pour "La fille au bracelet", s'est désolé de ce que l'on puisse "aller chez Zara" mais "pas au cinéma".

Corinne Masiero réagit

La comédienne Corinne Masiero a réagi auprès de BFMTV. "Je n'ai pas envie de répondre à madame Bachelot, ni aux chiens de garde du gouvernement, parce que je ne les écoute pas. Par principe, je ne les écoute pas", a-t-elle expliqué.

"J'imagine que ça ne devait pas être très gentil. Ce qui est dommage, c'est qu'elle aurait pu me le dire, parce qu'elle était dans la salle au début semble-t-il et elle s'est barrée. Si elle a des choses à dire, elle les dit en face, déjà", a conclu la comédienne.

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