Robert Ménard et le Front national : la rupture ?

Robert Ménard et le Front national : la rupture ?

Robert Ménard et Marion Maréchal-Le Pen le 28 mai 2016 à Béziers.

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Orange avec AFP, publié le samedi 28 mai 2016 à 14h30

Robert Ménard a réuni a Béziers ses soutiens pour lancer son mouvement politique "Oz ta droite".

Le Front national a-t-il acté son divorce avec Robert Ménard, alors que le maire de Béziers vient de lancer son mouvement politique? La députée FN du Vaucluse Marion Maréchal-Le Pen a quitté samedi 28 mai le "Rendez-vous de Béziers" de Robert Ménard, qualifiant "d'erreur politique majeure" ses propos de la matinée où il refusait de s'allier par principe au FN, une force selon elle "incontournable".

"Il y a une erreur politique majeure et historique de Robert Ménard de partir dans des mouvements dont on sait qu'ils sont voués à l'échec électoral", a affirmé Mme Maréchal-Le Pen à l'AFP et à Libération. "L'idée c'est : +On veut vos voix et pas vos gueules+.

Il faut que ces gens-là se rendent compte que le FN est incontournable. Il y a un certain nombre de personnes qui sont dans des réflexes politiques sectaires", a accusé la députe du Vaucluse.

Un peu plus tôt, Robert Ménard avait déclaré son mouvement "Oz ta droite!" ne sera "le marchepied de personne", s'adressant notamment au Front national. "J'ai des rapports d'indépendance avec Marine Le Pen. Avec 80% de ses idées, je suis d'accord avec elle, avec 20% je suis en désaccord et ce sont des désaccords assez importants", avait-il précisé.

"Manifestement, il y avait un quiproquo: il semblerait que nous ne partageons pas la même stratégie avec M. Ménard. Dans le cadre de la Ve, les partis sont incontournables, on peut le déplorer, en déplorer les carences... Mais je considère aujourd'hui que le seul parti politique qui a le potentiel pour vaincre et appliquer des idées différentes, c'est le FN", a soutenu la nièce de Marine Le Pen. "La vraie droite, identitaire et souverainiste, c'est le Front national. Le plus efficace pour que ce socle soit appliqué, c'est le FN", a encore martelé Mme Maréchal-Le Pen.

Pourtant, le maire de Béziers a nié sur les réseaux sociaux toute rupture avec le FN, même s'il s'est permis une petite remarque caustique, évoquant les tensions internes dans le parti d'extrême droite.




"Ménard explique qu'il ne souhaite pas être le marchepied du FN, mais c'est dommage, car le FN si je me souviens bien a été son marchepied", quand il a été élu avec le soutien du parti d'extrême droite à la mairie de la sous-préfecture héraultaise en 2014. "Je suis pas là pour servir de caution au lancement d'un parti politique", a tranché la benjamine du Palais Bourbon, même si elle a rappelé être favorable à des "ponts et passerelles" avec la droite qui ne se retrouve ni au FN, ni aux "Républicains".

Mme Maréchal-Le Pen, mandatée comme Gilbert Collard au nom du FN par Marine Le Pen pour venir à Béziers, avait hésité à venir après l'annonce par M. Ménard dans la semaine du lancement d'un "mouvement citoyen" intitulé "Oz ta droite!". Elle a indiqué tout de même "ne pas regretter d'être venue". "Si le FN n'était pas présent, des personnes mal intentionnées auraient dit : 'Le FN ne veut pas discuter'." Gilbert Collard a lui-même interpellé le maire de Béziers sur les réseaux sociaux, entraînant immédiatement une réponse de Robert Ménard.



Parmi les sujets sur lesquels les avis de Robert Ménard et du Front national divergent, l'euro, que le FN veut quitter et qu'il considère comme un "bouclier", ou encore le positionnement "ni droite ni gauche" du parti d'extrême droite qu'il rejette pour un positionnement "clairement à droite".
 
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