Richard Ferrand : "Que les ministres ne puissent plus résister à la pression née d'un seul soupçon est inquiétant"

Richard Ferrand : "Que les ministres ne puissent plus résister à la pression née d'un seul soupçon est inquiétant"
Richard Ferrand le 23 juillet 2019 au perchoir de l'Assemblée nationale.

, publié le dimanche 28 juillet 2019 à 08h38

Le président de l'Assemblée nationale revient pour le Journal du Dimanche sur l'Affaire Rugy qui a conduit à la démission du ministre. 

"Le secrétaire général de l'Assemblée nationale, le plus haut fonctionnaire de la maison, a effectué un travail irréprochable". Le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand s'exprime sur l'affaire Rugy dimanche 28 juillet dans les colonnes du Journal du Dimanche.

Pour lui, les enquêtes internes menées sur les différentes polémiques autour de l'ex-ministre de la transition écologique et solidaire François de Rugy sont légitimes. 



"Le secrétaire général de l'Assemblée nationale, le plus haut fonctionnaire de la maison, a effectué un travail irréprochable, tout comme la déontologue, autorité indépendante, inamovible et non-reconductible. Aucun doute ne peut être émis sur leur sérieux et leur légitimité, a fortiori si la motivation de cette critique est que leurs conclusions ne vont pas dans le sens souhaité par les accusateurs", a commenté Richard Ferrand. Selon, François de Rugy doit-il revenir ? "Je n'ai pas qualité pour évoquer un éventuel retour." 

"La République est un État de droit" 

Ces révélations de Mediapart ont conduit à la démission du ministre d'État. "Que les ministres ne puissent plus résister à la pression née d'un seul soupçon, oui, c'est inquiétant. Cette pression qui s'installe à partir d'accusations, répétées sans cesse et relayées sur les réseaux sociaux, crée des situations intenables. Ce n'est pas une avancée démocratique mais une situation intenable. La République est un État de droit, pas un État dans lequel le soupçon et le bruit doivent l'emporter sur la vérité établie au regard de la loi. C'est valable pour tous les citoyens", a affirmé l'actuel occupant du perchoir. 


Richard Ferrand souligne que l'enquête menée par l'Assemblée a montré "un grand écart entre la réalité et la présentation des faits". Cette enquête ainsi qu'une autre menée par le gouvernement, portant sur des travaux dans le logement de fonction de François de Rugy et des dîners fastueux lorsqu'il était président de l'Assemblée, l'ont dans l'ensemble dédouané, à l'exception de trois repas à l'Hôtel de Lassay d'un "niveau manifestement excessif". 

Une Assemblée moins qu'ailleurs en Europe ? 

À la question "la gestion de l'Assemblée est-elle donc irréprochable", Richard Ferrand répond que tout est "toujours perfectible", en soulignant toutefois que "depuis 2008, le budget n'a pas augmenté d'un euro", "les règles en vigueur sont respectées et les budgets sont à la baisse". "L'Assemblée coûte 1,20  euro par mois et par foyer fiscal, moins qu'ailleurs en Europe", insiste-t-il.

Certains, comme Jean-Christophe Lagarde, président du groupe UDI-Indépendants à l'Assemblé, estiment que des progrès restent à faire : "La seule chose que je puis vous dire c'est qu'il n'y a pas de règle à l'Assemblée nationale concernant le président de l'Assemblée nationale", a-t-il dit récemment. C'est quelque chose à laquelle nous devons nous atteler", a-t-il souligné

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