Richard Ferrand en appelle à une "démocratie délibérative" associant les citoyens pour l'après-coronavirus

Richard Ferrand en appelle à une "démocratie délibérative" associant les citoyens pour l'après-coronavirus
Le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand, le 3 juin 2020 à l'Elysée.

, publié le jeudi 02 juillet 2020 à 12h26

Le président de l'Assemblée nationale livre jeudi ses pistes à Emmanuel Macron pour la suite du quinquennat. Ce proche du chef de l'Etat  est notamment favorable à "un Etat fort", recentré "sur des domaines moins nombreux", et à des "collectivités libres" et souhaite un "ministère du Service public, chargé des relations avec les citoyens".

Emmanuel Macron reçoit jeudi 2 juillet les présidents de l'Assemblée nationale, du Sénat et du Cese (Conseil économique, social et environnemental) qui lui remettront leurs recommandations pour la "nouvelle étape" de son quinquennat, dernière étape avant le remaniement prévu dans les prochains jours, avant une interview à paraître dans la presse régionale vendredi. Dans un courrier d'une vingtaine de pages que l'AFP a pu consulter et qui sera remis au locataire de l'Elysée en fin d'après-midi, le président La République en marche de l'Assemblée Richard Ferrand estime notamment que "l'urgence est au dialogue". 




Très proche du chef de l'Etat, l'ancien socialiste, qui a joint à sa lettre les contributions des groupes politiques de l'Assemblée, en appelle à une "démocratie délibérative" associant les citoyens.

Et "le moment est venu de définir avec les Français", ces "Gaulois parfois réfractaires", "ce qui est du ressort du 'territoire' et ce qui est du ressort de l'Etat", selon l'élu du Finistère. 

Un ministère du Service public

Comme dans son récent livre "Nos lieux communs", lui est favorable à "un Etat fort", recentré "sur des domaines moins nombreux", et à des "collectivités libres". "Posons le cadre légal, les moyens nécessaires et laissons préfets et élus concevoir ensemble d'autres organisations", écrit-il, constatant "la réactivité et parfois l'inventivité" des territoires notamment dans la crise du coronavirus. "J'appelle de mes voeux la création d'un ministère du Service Public, chargé des relations avec les citoyens", poursuit le titulaire du perchoir, soutien de "l'égalité d'accès aux services de base".

Il estime par ailleurs nécessaire d'"accélérer le déploiement du numérique" et souhaite une "discrimination positive" pour l'équipement en ordinateur des collégiens modestes. Pour une "rénovation énergétique globale des bâtiments d'habitation", il suggère un "opérateur unique pour intervenir auprès des particuliers" et une aide plus massive des plus modestes.

Richard Ferrand passe en revue les priorités à l'emploi, la cohésion sociale, et encore la souveraineté, qui pourrait se traduire dans l'attribution des marchés publics notamment.

Enfin, il souhaite une "planification renouvelée" : non pas "réinventer le Gosplan, mais travailler à anticiper les conséquences concrètes des grandes évolutions, sur des sujets comme le climat ou l'emploi".

Piques à Philippe

Plutôt que des réformes, le président de l'Elysée préconise une "modernisation" du pays, "apaisante, sereine". Il revient sur le conflit autour de la réforme des retraites, demeurant "convaincu de la pertinence du projet initial d'une retraite par points". "La dimension paramétrique jointe au débat a altéré la clarté du dispositif initialement prévu", assure-t-il dans une pique à Edouard Philippe qui la soutenait.

Et de poursuivre à l'adresse du Premier ministre, à l'approche d'un remaniement : "Si des mesures telles que la limitation de vitesse à 80 km/h ou la taxe carbone sont devenues irritantes au point de mobiliser une frange de nos concitoyens (...), il n'est pas impossible que ce soit par défaut de méthode, plutôt que par leur contenu".

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