Réunions non-mixtes : Audrey Pulvar fait polémique

Réunions non-mixtes : Audrey Pulvar fait polémique
L'adjointe à la maire de Paris et candidate socialiste aux régionales en Île-de-France Audrey Pulvar, le 18 février 2021.

, publié le dimanche 28 mars 2021 à 12h29

REACTIONS. Interrogée samedi 27 mars sur BFMTV sur les réunions "en non-mixité raciale", interdites aux blancs, la candidate socialiste aux régionales en Île-de-France a estimé les personnes blanches pouvaient y assister mais devaient "se taire", provoquant de vives critiques à droite.



"On peut demander à une femme blanche ou un homme blanc de se taire".

Cette petite phrase d'Audrey Pulvar a déclenché l'ire de la droite. Invitée de BFMTV samedi 27 mars, la candidate socialiste aux élections régionales en Île-de-France était interrogée sur les réunions "en non-mixité raciale" interdites aux blancs du syndicat étudiant l'Unef et qui font polémique depuis plusieurs jours. "Que des personnes discriminées pour les mêmes raisons et de la même façon sentent la nécessité de se réunir entre elles pour en discuter, ça ne me choque pas profondément", a estimé l'adjointe à la maire de Paris Anne Hidalgo.

"Et si on vous avait proposé de participer à une réunion où on demande aux personnes blanches, de rester derrière la porte... ?", lui a alors demandé la journaliste Apolline de Malherbes. "Non, ça, ce n'est pas possible pour moi", a immédiatement répondu l'élue parisienne. "Si c'est un groupe de travail consacré aux discriminations dont sont l'objet les personnes noires ou métisses, quelque chose me dit que 99% des participants (...) seront les personnes dont il est question dans l'intitulé. Si vient à cet atelier une femme blanche ou un homme blanc, il n'est pas question de le ou la jeter dehors, en revanche on peut lui demander de se taire, d'être spectatrice ou spectateur silencieux", a-t-elle ensuite ajouté. 

Pour clarifier sa position, l'ex-journaliste a cité en exemple des réunions de LGBTQ, où si elle y assistait en tant qu'hétérosexuelle, elle se tairait, sauf si on lui demandait son avis, ainsi qu'elle l'a rappelé dimanche matin dans un tweet. "Les réunions 'non-mixtes' ne portent pas que sur des questions de couleur de peau", a-t-elle par ailleurs insisté.




Vives réactions à droite

Mais sa petite phrase a tout de même provoqué un tollé à droite. "Dans ma région, aucun habitant ne doit être discriminé pour la couleur de sa peau. "Les blancs doivent se taire. La phrase choc et honteuse d'Audrey Pulvar. Elle doit s'excuser auprès de la République", a d'abord commenté le vice-président Les Républicains de la région Île-de-France Geoffroy Didier sur Twitter. 



"Il n'y a pas de racisme 'acceptable'", a ensuite réagi sur le même réseau social la présidente de la région Valérie Pécresse (Libres!).



"Après avoir été élue grâce à des élus Verts qu'elle qualifie d'anti-républicains, que dit Anne Hidalgo de son adjointe ségrégationniste ?", a de son côté interpellé la maire LR du VIIe arrondissement de Paris Rachida Dati.



"Pas seulement scandaleuse, cette phrase d'AudreyPulvar est raciste. En République, NON, aucune 'bonne raison' au monde ne donne le droit de faire taire une personne pour sa couleur de peau. Aucune, et sous aucune circonstance", a également tweeté le président LR de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur Renaud Muselier. 


A l'extrême-droite, les réactions se sont également multipliées. "Le parquet doit engager des poursuites pour provocation à la discrimination raciale contre Mme Pulvar", a notamment réclamé la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen, en réagissant à un tweet de son numéro 2 Jordan Bardella qui dénonçait une "gauche qui patauge dans l'islamo-gauchisme et la haine des Blancs".



Des élus La République en marche ont également dénoncé les propos de l'ancienne journaliste, comme les députées Laetitia Avia et François de Rugy. 




Soutien de Mélenchon et silence du PS

Audrey Pulvar a néanmoins pu trouver du soutien de la part de Jean-Luc Mélenchon, qui avait déjà réfuté la polémique sur l'Unef il y a quelques jours. "Audrey Pulvar n'est pas raciste ! Elle a juste compris ce qu'est un groupe de parole. Ceux qui se jettent sur elle, par contre, n'arrivent pas à cacher leur pente sexiste et discriminante. Le débat public s'effondre. Le PS va-t-il défendre sa candidate en Île-de-France ?", a interrogé le chef de file de la France insoumise.



Anne Hidalgo et Olivier Faure, patron du PS, n'avaient de leur côté pas encore réagi, dimanche matin, à cette polémique. La semaine dernière, la maire de Paris avait néanmoins qualifiée sur Europe 1 de "dangereuses" les réunions "en non-mixité raciale" de l'Unef, estimant qu'elles cachaient des "tentatives" visant à "marquer les identités différentes", pour au final "ne plus permettre le dialogue".
 

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