Retraites: une réforme "inéluctable" pour Bayrou, Woerth veut aller jusqu'à 65 ans

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Le président du Modem François Bayrou en septembre 2020 à Paris
Le président du Modem François Bayrou en septembre 2020 à Paris
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© AFP, MARTIN BUREAU
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publié le samedi 05 juin 2021 à 12h20

La réforme des retraites est "inéluctable", a jugé samedi le président du Modem François Bayrou, qui estime qu'elle sera "au coeur de la campagne présidentielle", tandis qu'Eric Woerth (LR) souhaite qu'elle permette de repousser le départ à la retraite "assez vite à 64 ans, et plus tard à 65 ans".

Pendant la campagne, "chacun viendra et dira si oui ou non il est déterminé à assumer cette réforme pour une seule raison, c'est que les pensions continuent à être payées", a déclaré sur BFMTV M. Bayrou, même s'il n'est "pas sûr que le moment d'une campagne électorale soit le bon" pour évoquer ce sujet explosif.

"Si on va dans le sens des bras ballants et de se désintéresser du sujet, un jour - peut-être prochain - ce sont les pensions qui seront en question", a averti M. Bayrou, chef de l'un des trois piliers de la majorité parlementaire.

Pour Eric Woerth, président LR de la commission des finances de l'Assemblée nationale, "il faut expliquer de manière simple, pas arrogante ni brutale, qu'on va devoir continuer à augmenter l'âge de départ, que ce n'est pas la première fois ni peut-être la dernière" afin de garantir "le retour à l'équilibre" du régime des retraites.

Dans un entretien à Libération, le député de l'Oise "milite pour qu'on aille assez vite à 64 ans, et plus tard à 65 ans" et pour "mettre fin clairement, pas sur trente ans, aux régimes spéciaux pour les nouveaux entrants, redéfinir la pénibilité et faire un effort sur les petites retraites, en indexant les 1.000 premiers euros de pension sur l'évolution du niveau de vie".

En déplacement dans le Lot jeudi, le président Emmanuel Macron a alimenté les spéculations sur la relance de ce chantier explosif en réaffirmant qu'il devra prendre des décisions "difficiles" pour que la dernière année du quinquennat soit "utile". Sur le dossier des retraites, il avait souligné que "rien n'est exclu", mais que la réforme suspendue au début de la crise sanitaire ne pourrait pas être "reprise en l'état".

La crise sanitaire a laissé les finances publiques "extraordinairement chahutées", avec "le déficit public le plus important depuis des décennies" et une "ambiance dépensière, c'est-à-dire que ça va très au-delà des dépenses d'urgence", estime M. Woerth, pour qui le système des retraites "est déficitaire, de l'ordre de 11 milliards d'euros pour les régimes obligatoires et de 20 à 25 milliards avec les complémentaires, alors même que nous l'avions équilibré" lors du quinquennat de Nicolas Sarkozy (2007-2012).

Emmanuel Macron doit "mesurer s'il a la marge politique nécessaire" pour mener cette réforme dans la dernière année de son mandat, estime l'ancien ministre du Budget qui se dit prêt à voter "une bonne réforme des retraites".

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