Retraites, Ségur de la Santé, chômage, relance économique... Les dossiers chauds du nouveau gouvernement

Retraites, Ségur de la Santé, chômage, relance économique... Les dossiers chauds du nouveau gouvernement
Jean Castex a été nommé à la tête du nouveau gouvernement vendredi 3 juillet

, publié le mardi 07 juillet 2020 à 09h00

Le nouveau gouvernement de Jean Castex, nommé lundi 6 juillet, a de nombreux dossiers sur le feu, qu'il entend traiter rapidement, alors que la crise sanitaire du coronavirus a fait de nombreux dégâts. 

Au lendemain du remaniement, marqué par la nomination surprise de "poids lourds", comme celle d'Eric Dupond-Moretti à la Justice et de Roselyne Bachelot à la Culture, l'Exécutif est attendu au tournant. Du sujet explosif des retraites à la relance économique, en passant par le Ségur de la Santé ou les suites de la Convention citoyenne pour le climat, la nouvelle équipe de Jean Castex a de nombreux dossiers chauds sur le feu.

Alors qu'Emmanuel Macron réunit son premier Conseil des ministres mardi 7 juillet, et que le Premier ministre Jean Castex doit recevoir les partenaires sociaux dès mercredi soir, jeudi et vendredi matin, on fait le tour des dossiers clés du nouveau gouvernement. 


Ségur de la santé

C'est le dossier le plus urgent, sur lequel les discussions ont achoppé avec les syndicats jusqu'ici. Le gouvernement espère achever dans la semaine les négociations du "Ségur de la santé", ce plan "massif" de revalorisation salariale des soignants, promis par Emmanuel Macron.

Maintenu en poste, Olivier Véran va donc devoir convaincre, alors que les syndicats jugent insuffisante l'enveloppe de sept milliards d'euros mise sur la table, dont 6,4 milliards pour les personnels non médicaux et 600 millions pour les médecins. 

Chez les internes de médecine par exemple - ces futurs médecins employés à l'hôpital dans le cadre de stages de fin de cursus - l'Isni, le principal syndicat, a annoncé le dépôt d'un préavis de grève pour jeudi, si les propositions n'évoluent pas à la hausse.

Un "nouvel agenda social" pour les retraites

Emmanuel Macron a indiqué vouloir relancer la réforme des retraites, hautement inflammable, en commençant "dès l'été"  par une nouvelle concertation sur les "équilibres financiers".

Dimanche, Jean Castex a souligné combien la crise du coronavirus a "aggravé fortement le déficit de nos régimes de retraite" et affiché son souhait de régler ce dossier "à court terme" alors que le déficit de l'ensemble des régimes devrait exploser à près de 30 milliards d'euros cette année, selon le Conseil d'orientation des retraites (COR). "A minima, nous devrons nous fixer un nouvel agenda social", a-t-il poursuivi, affirmant espérer un "compromis, qui n'est pas une compromission" pour sauver les régimes de protection sociale.

Comme son homologue de la CGT Philippe Martinez la veille, Laurent Berger (CFDT) a estimé lundi qu'il n'y avait "pas à traiter de la question des retraites maintenant, ce n'est pas le moment", et que "la vraie question de la rentrée, c'est la question de l'emploi".

Relance économique : un vaste plan "en cours de préparation"

PIB en chute, dette au plus haut, secteurs sinistrés... L'économie a été mis à mal par la crise sanitaire. Juste avant l'interruption des travaux du Parlement, pour cause de remaniement, les députés planchaient sur un troisième budget de crise post-coronavirus, avec des mesures d'urgence pour l'aéronautique, l'automobile ou le tourisme. Ce nouveau projet de loi de finances rectificative doit encore être examiné par le Sénat, avec une éventuelle navette parlementaire, pour une adoption en juillet. 

Au-delà ce "PLFR3" , le Premier ministre entend "présenter très rapidement" un plus vaste plan de relance, "en cours de préparation". 

Il reposera sur "des choix orientés qui permettent de reconstruire, de gagner en souveraineté économique, d'avoir une France plus économe du point de vue du respect de l'environnement", a assuré M. Castex. Le gouvernement sortant parlait d'un plan pour la rentrée de septembre.

Assurance chômage : des mesures encore floues pour septembre

Les syndicats réclament aussi l'abandon de la réforme sensible de l'assurance-chômage, qu'ils ont toujours contestée, alors que le gouvernement sortant parlait de "bouger des curseurs". 

Si l'exécutif a laissé entendre qu'il reviendrait sur le durcissement de l'ouverture de droits (six mois de travail sur les 24 derniers depuis le 1er novembre contre quatre sur 28 avant), il reste flou sur deux mesures prévues au 1er septembre : le nouveau calcul de l'allocation pour ceux, souvent précaires, qui alternent contrats courts et chômage d'une part, et la dégressivité après six mois pour les haut salaires.

Ecologie : des mesures dès la fin juillet

Emmanuel Macron a promis de reprendre 146 propositions de la Convention citoyenne pour le climat, au lendemain de la percée des Verts aux municipales. Certaines seront décidées dès la fin juillet, d'autres intégrées au plan de relance présenté "à la fin de l'été", mais la plupart feront l'objet d'un "projet de loi spécifique" multi-mesures en septembre, a-t-il précisé.

Jean Castex a martelé que l'écologie n'était "pas une option", mais "une obligation", alors qu'EELV reproche à ce haut-fonctionnaire venu de la droite de n'avoir "jamais parlé d'écologie" avant sa nomination. 

Le maire écologiste récemment élu de Grenoble Eric Piolle avait réagi à la nomination de Jean Castex dimanche dernier, se montrant circonspect quant aux ambitions du nouveau Premier ministre en matière d'écologie, estimant qu'elle "n'est pas vraiment dans son radar". 

Sécurité, une des priorités de Castex

Le nouveau Premier ministre veut rassurer les forces de l'ordre, en pleine polémique sur des accusations de violences et de racisme au sein de la police. Il a rendu dès dimanche soir une visite surprise dans un commissariat de La Courneuve. "Les questions de sécurité publique sont parmi mes toutes premières préoccupations", a dit le Premier ministre aux policiers, les assurant d'un soutien "sans faille".

Visé par une plainte pour viol, c'est Gérald Darmanin qui devient le "premier flic de France". Son arrivée au ministère de l'Intérieur a notamment fait réagir les syndicats de policiers. Pour Yves Lefebvre, patron du syndicat Unité SGP FO, "il avait les cordons de la bourse comme ministre du Budget. Maintenant qu'il est le premier flic de France, à lui d'aller chercher l'argent pour les policiers, pour l'indemnité du travail de nuit ou la nouvelle bonification indiciaire".

Un premier Conseil des ministres doit se tenir ce mardi à 15 heures. Pour faire oublier la débâcle des municipales et s'attaquer aux crises post-coronavirus, le nouveau couple exécutif entend accélérer la cadence. Dès mercredi, Jean Castex rencontrera les partenaires sociaux, sur la question des retraites notamment. Emmanuel Macron compte lui préciser son cap pour le reste du quinquennat lors d'une interview le 14 juillet. Ce n'est qu'ensuite que le Premier ministre pourra effectuer sa déclaration de politique générale devant l'Assemblée nationale.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.