Retraites : pour Philippe Martinez, "les syndicats sont indispensables dans ce pays"

Retraites : pour Philippe Martinez, "les syndicats sont indispensables dans ce pays"
Philippe Martinez, le 5 décembre 2019, à Paris

, publié le dimanche 08 décembre 2019 à 08h55

Le secrétaire général de la CGT se félicite de la forte mobilisation du 5 décembre contre le projet de réforme. "Nous tiendrons jusqu'au retrait" promet-il.

Deux jours avant la deuxième journée de grève interprofessionnelle annoncée mardi 10 décembre, Philippe Martinez a commenté avec satisfaction l'élan de mobilisation contre la réforme des retraites, dans un entretien paru dans le JDD dimanche 8 décembre.

Le leader syndical se dit "convaincu" que le gouvernement n'a pas pris la mobilisation au sérieux.

"Comme ils sont déconnectés d'un certain nombre de réalités, ils pensaient qu'on en rajoutait", déclare t-il saluant le "très beau succès" de la première journée de grève de jeudi 5 décembre.

"Nous sommes irrécupérables"

Forts d'un soutien majoritaire des Français en ce début du mouvement, les grévistes ne craignent-ils pas un "retournement" de l'opinion? "Même les cheminots sont emmerdés par leur propre grève!" répond le patron de la CGT, dont l'organisation occupe les devants de la scène dans le cadre de la grogne anti-réforme. "Les syndicats sont indispensables dans ce pays. A condition de ne pas leur taper sur la tête", fait-il valoir, réfutant l'impression de "perte de vitesse" de son syndicat. "Ils faut arrêter avec les légendes. Notre implantation a reculé (...), mais on constate un pic d'adhésions en ce moment. Et il y en a marre de ceux qui nous font la leçon : quel parti politique, en France, compte 650000 adhérents? Tous ensemble, ils n'arrivent pas à ce chiffre", avance t-il.

Interrogé sur le "risque de récupération politique" par La France insoumise ou le Rassemblement national, Philippe Martinez verse dans l'humour : "Nous sommes irrécupérables", s'amuse t-il. Le leader syndical estime avoir dit ce qu'il "avait à dire sur le RN". "Nous n'avons pas les mêmes valeurs", résume t-il.


Après la première journée de grève, "la balle est dans le camp du gouvernement". Quant à la durée du mouvement, Philippe Martinez l'affirme : "Nous tiendrons jusqu'au retrait". La veille, le secrétaire général de la CGT-Cheminots Laurent Brun avait tenu discours similaire, déclarant que "les cheminots ne se fixent pas de limites".  "Les choses évoluent vite, et la colère est grande" abonde encore Philippe Martinez, qui dresse un parallèle avec les grèves de 1995 où "le Premier ministre Alain Juppé avait dit que jamais il ne retirerait son projet.

Le gouvernement devrait être attentif", prévient-il, ajoutant que "si enlisement il y a, c'est le gouvernement qui l'aura décidé". Edouard Philippe doit présenter ce mercredi 11 décembre "l'intégralité" du projet de réforme. "Qu'il entende la colère. Qu'il dise qu'il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis", clame Philippe Martinez, qui appelle le chef du gouvernement à "remettre les compteurs à zéro".



ss

Vos réactions doivent respecter nos CGU.