Retraites : "Nous ne transigerons pas sur l'objectif", insiste Edouard Philippe

Retraites : "Nous ne transigerons pas sur l'objectif", insiste Edouard Philippe
Edouard Philippe, à l'Elysée, mercredi 27 novembre

, publié le mercredi 27 novembre 2019 à 14h41

Le Premier ministre a martelé sa volonté de "prendre le temps" pour mener à bien sa réforme vers un système de "solidarité universelle". "L'universalité, oui, la brutalité, non", affirme t-il.

Au lendemain des derniers face-à-face entre gouvernement, syndicats et patronat avant la grève du 5 décembre, Edouard Philippe s'est dit "déterminé" à mettre en oeuvre la réforme des retraites, lors d'un point-presse à l'Elysée, mercredi 27 novembre, à l'issue du Conseil des ministres.

La concertation s'achèvera "le 9 ou le 10 décembre", a indiqué le Premier ministre qui présentera "dans les jours qui suivront" le projet du gouvernement "dans sa globalité". A propos du mouvement social du 5 décembre, Edouard Philippe a affirmé ne pas être "de ceux qui confondent manifestants et casseurs". "C'est leur droit le plus légitime. J'ai le plus grand respect pour le droit de grève et de manifester", a t-il soutenu, appelant en parallèle "au calme, au respect de la loi, de la propriété, et de l'ordre public".

Le chef du gouvernement a une nouvelle fois exposé son projet de "remplacer les 42 régimes existants par un système universel dont les règles seront les mêmes pour tous". Il en a profité pour redire l'argument de l'exécutif, qui voit en cette réforme "la fin logique du système fondé sur des solidarités corporatistes et menant à la création d'injustices" vers "une solidarité universelle".

"On ne change pas un contrat social brutalement"

Le Premier ministre répond également aux nombreuses voix ayant critiqué le gouvernement sur l'absence de ligne claire. "A ceux qui nous disent qu'ils n'en savent pas assez sur notre projet : nous avons pris le temps de consulter. "On nous a suffisamment reproché la verticalité" pour prendre le temps de discuter et d'écouter. "On peut faire de grandes transformations à condition de se donner le temps" martèle t-il. "Nous ne transigerons pas sur l'objectif, mais nous prendrons le temps qu'il faut pour y arriver". "On ne change pas un contrat social brutalement. Nous allons mettre un terme aux régimes spéciaux, mais nous ne voulons pas stigmatiser ceux qui s'y trouvent aujourd'hui. L'universalité oui, la brutalité, non!", a t-il lancé.

Parmi les pistes, le gouvernement souhaite "casser le caractère binaire entre activité et retraite", en clair : "faire en sorte qu'il soit possible de travailler après liquidation de la retraite en continuant à acquérir des droits". Le Premier ministre a soutenu les "nouveaux droits" de ce projet : "pension majorée dès le premier enfant", "pensions de réversion plus protectrices et plus justes pour le conjoint survivant".  Il rappelle en outre que "les retraités actuels ne seront évidemment pas concernés par la réforme", et  "les droits acquis seront conservés à 100%".


Quant à la question d'exclure du nouveau système universel les actifs qui seraient à moins de 5 ans de la retraite, le Premier ministre laisse aussi une marge de manoeuvre : "S'il faut éloigner cet âge afin de prendre en compte les choix individuels de chacun, je suis prêt à prendre en compte les revendications", a t-il déclaré.

Le Premier ministre a en outre refusé d'émettre un avis définitif sur la controversée "clause du grand-père", sujet de toutes les discordes. Ce dispositif prévoirait que le nouveau régime ne s'applique qu'aux nouveaux entrants sur le marché du travail. "Pour ma part, du moment où on construit un système universel, je suis ouvert à la discussion", a t-il affirmé, estimant cependant que les opposants à ce projet "n'ont pas tort". Côté gouvernement, Gérald Darmanin avait toutefois considéré comme "objectivement pas possible" l'application de cette mesure, le 24 novembre dernier.  

"Nous devrons progressivement travailler plus longtemps" a encore plaidé le chef du gouvernement, disant préférer un "allongement progressif" de la durée de travail à des augmentations de cotisations ou baisses de pensions.

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