Retraites, dépendance, fin de vie... Quelles réformes marqueront la fin du quinquennat d'Emmanuel Macron ?

Retraites, dépendance, fin de vie... Quelles réformes marqueront la fin du quinquennat d'Emmanuel Macron ?
Emmanuel Macron à l'Elysée, le 19 février 2021.

, publié le samedi 20 février 2021 à 10h15

L'incertitude règne dans les ministères alors que l'élection présidentielle de 2022 approche et que la crise du Covid-19 est dans tous les esprits.

Quelles réformes marqueront la fin du quinquennat d'Emmanuel Macron et coloreront son action à l'approche de la présidentielle ? Englué dans la crise du Covid-19, le chef de l'Etat n'a toujours pas arbitré. L'incertitude règne dans les ministères où divers projets de loi et mesures dorment dans les cartons. Chacun a envoyé à l'Elysée une note pour défendre son texte et attend depuis un signe du Palais.



"Le problème, c'est que le séminaire gouvernemental" tenu en janvier autour d'Emmanuel Macron "n'a pas arrêté de calendrier, ni de priorités", résume un ténor de la majorité.

C'est qu'il faut d'abord "retrouver de la bande passante" au milieu d'une épidémie qui engorge la machine gouvernementale et occupe tous les esprits, puis dessiner les marges de manoeuvre financières et l'état des lieux économique et social, explique l'entourage du président. A ce titre, plusieurs études sont attendues pour éclairer l'exécutif : les conclusions de la commission Arthuis sur les finances publiques, celles des économistes Olivier Blanchard et Jean Tirole sur l'économie post-Covid, et un rapport de la Cour des comptes en avril. 

Si "l'ambition réformatrice reste intacte", comme l'assure un proche du chef de l'Etat, qu'adviendra-t-il des promesses de 2017 ? Certains pressentent qu'elles pourraient devenir encombrantes pour la prochaine présidentielle, comme celle concernant la réforme des retraites, fauchée net par la crise du Covid. "Une excellente première réforme de deuxième quinquennat" pour Emmanuel Macron, évacue le président de l'Assemblée Richard Ferrand.

Sauf que la suspension de cette refonte du système de pensions hypothèque deux autres projets, alors que l'état des comptes sociaux fait pâlir Bercy. D'abord la loi sur la dépendance, qui doit permettre de lever 9 milliards d'euros à l'horizon 2030, mais aussi celle revalorisant sur plusieurs années le salaire des enseignants, qui accompagnait la réforme des retraites. Ces sujets ne devraient pas se décanter avant la fin mars et une "conférence du dialogue social" à Matignon réunissant syndicats et patronat.

A l'inverse, donnée pour quasiment enterrée, la loi 4D (différenciation, décentralisation, déconcentration, décomplexification) est miraculeusement ressuscitée : le Premier ministre Jean Castex a annoncé sa présentation en Conseil des ministres "au début du printemps", même si des doutes subsistent sur son examen effectif au Parlement avant la fin du quinquennat. Elle contient également des dispositions sur l'accès au logement social pour les travailleurs de première ligne lors du Covid que l'exécutif voudrait valoriser.

Malgré l'offensive du MoDem de François Bayrou, l'introduction de la proportionnelle pour les législatives de 2022 n'est également pas arbitrée. "Pas en haut de la pile", assène un proche du président. A la Justice, Eric Dupond-Moretti, qui finalise un projet de loi touffu visant à mieux encadrer les enquêtes préliminaires, le secret professionnel des avocats, les procès filmés, a indiqué aussi vouloir travailler sur la fin de vie, sujet pourtant hautement inflammable à l'approche d'élections.

Mais, autant par nécessité face à l'embolie du calendrier que par tactique, l'exécutif réfléchit à contourner les cases Assemblée et Sénat. "L'agenda parlementaire est trop incertain, on parle plus des renoncements d'une loi que de la loi elle-même", estime un proche du président. "Sur la dernière année, il vaut mieux donc passer par du réglementaire", comme "avec le plan de relance", ajoute-t-il.

Par exemple, à la Santé, Olivier Véran veut pousser des "mesures très concrètes", à commencer par l'expérimentation du cannabis thérapeutique en mars. Au Travail, Elisabeth Borne pousse pour la généralisation de la garantie jeunes, un dispositif d'insertion des 16-25 ans sans emploi ni formation. La présidence française de l'Union européenne à partir du 1er janvier 2022 permettra à Emmanuel Macron d'initier "de grands marqueurs", estime également un proche.

L'objectif est autant de préparer la sortie de crise que d'ouvrir la route de la présidentielle de 2022. "Le président dit : 'quand la marée se retirera, il ne faut pas que ce soit tristesse et désolation'", glisse une ministre. "Il faudra montrer que le  magasin est resté ouvert", plaide-t-elle encore.
 

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