Retraites, assurance chômage : Emmanuel Macron veut maintenir le cap des réformes

Retraites, assurance chômage : Emmanuel Macron veut maintenir le cap des réformes
Emmanuel Macron lors de son intervention, lundi 12 juillet.

publié le lundi 12 juillet 2021 à 21h40

À l'occasion de son allocution télévisuelle, Emmanuel Macron a assuré que la réforme de l'assurance-chômage serait pleinement appliquée. La réforme des retraites, elle, devrait revenir à l'agenda dès que la situation sanitaire le permettra.

À peine la crise sanitaire sera-t-elle terminée que le climat social pourrait redevenir explosif en France.

Lors de son allocution télévisuelle, lundi 12 juillet, Emmanuel Macron a fait un point sur deux réformes contestées : les retraites, et l'assurance-chômage. Un passage obligé pour le président. "Nos réformes ne seront pas davantage financées en laissant filer la dette. La nouvelle génération doit déjà assumer la dette écologique. Je n'ajouterai pas à ce fardeau la dette financière. La seule solution, le seul moyen d'assurer ce nouveau pacte est de travailler davantage, d'investir."

Pour la réforme des retraites, très contestée, elle sera engagée "dès que les conditions sanitaires seront réunies", a assuré le président de la République qui a demandé au gouvernement de "travailler avec les partenaires sociaux sur ce sujet à la rentrée".


"Pour protéger les retraites actuelles et celles de nos enfants sans augmenter les impôts, il est juste et efficace de changer notre système de retraites", a poursuivi le chef de l'Etat dans son allocution télévisée. Il a malgré tout précisé qu'il ne "lancer(ait) pas cette réforme tant que l'épidémie ne sera pas sous contrôle et la reprise bien assurée".

"Système injuste"

"Notre système est injuste avec 42 régimes différents, il entretient des inégalités majeures et il faudra aller vers plus de simplicité pour plus de justice et donc les régimes spéciaux devront être supprimés pour les nouveaux employé dans ces secteurs", a-t-il développé. Pour Emmanuel Macron, "parce que nous vivons plus longtemps, il nous faudra travailler plus longtemps et partir à la retraite plus tard". 

Le président a également ouvert la porte à un minimum garanti en cas de carrière complète. "Une vie de travail doit offrir une pension digne et donc toute retraite pour une carrière complète devra être supérieure à 1.000 euros par mois", a ajouté Emmanuel Macron, sans toutefois donner plus de précisions.

Sujet explosif, cette réforme avait été suspendue en mars 2020 à cause de la crise sanitaire. Le président de la République avait lui-même relancé le débat lors d'un déplacement début juin, en affirmant que son projet de "système universel" ne pourrait sans doute pas "être repris en l'état", mais que "rien n'est exclu", avant de pointer quelques jours plus tard "un déficit de plusieurs milliards d'euros".

Syndicats et patronat ont depuis fait savoir à l'unanimité qu'ils ne souhaitaient pas d'une réforme des retraites avant la présidentielle de 2022. Le Medef, bien que favorable à un relèvement de l'âge de départ à 64 ans, avait mis en garde sur le risque que cette mesure entrave la relance à cause d'éventuels mouvements sociaux.

Réforme de l'assurance-chômage "pleinement mise en oeuvre"

Autre sujet explosif, la réforme de l'assurance-chômage. Le chef de l'Etat a assuré que le texte, dont certaines dispositions ont été suspendues par le Conseil d'Etat, serait "pleinement mis en œuvre dès le 1er octobre". Cette entrée en vigueur correspond à une "volonté simple", a-t-il résumé: "on doit toujours bien mieux gagner sa vie en travaillant qu'en restant chez soi, ce qui n'est actuellement pas toujours le cas". 

Le juge des référés du Conseil d'Etat avait estimé fin juin que les "incertitudes sur la situation économique" ne permettaient pas de mettre en place au 1er juillet les nouvelles règles rendant moins favorable l'indemnisation du chômage des salariés ayant alterné contrats courts et inactivité. 

Les règles actuelles d'indemnisation des demandeurs d'emploi ont en conséquence été prolongées jusqu'à la fin septembre. Le gouvernement avait cependant immédiatement indiqué que son ambition restait "inchangée" et rappelé que le Conseil d'Etat n'avait pas remis en cause la réforme sur le fond.

"Nous allons continuer d'investir dans la formation tout au long de la vie dès cette rentrée, nous formons durablement plus de demandeurs d'emploi qu'il y a 4 ans mais ce n'est pas encore assez et j'ai demandé au gouvernement, dès cette rentrée, de lancer un plan massif de formation et de requalification des chômeurs de longue durée", a par ailleurs annoncé le président de la République dans son allocution télévisée.
 

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