Retraites: après le retrait de l'âge pivot, "il va falloir continuer à peser", estime Berger

Retraites: après le retrait de l'âge pivot, "il va falloir continuer à peser", estime Berger
Laurent Berger à Matignon le 10 janvier 2020
A lire aussi

, publié le lundi 13 janvier 2020 à 17h08

Le retrait de l'âge pivot de la réforme des retraites, réclamé par la CFDT, n'est pas "la fin de l'histoire" et "il va falloir continuer à peser", notamment concernant les sources alternatives de financement, a déclaré lundi son secrétaire général, Laurent Berger, sur RTL.

"On est loin d'être à la fin de l'histoire sur ce système universel des retraites et il va falloir continuer à peser", a déclaré le leader syndical, reconnaissant qu'il n'avait "pas la solution de la sortie de crise" et qu'"il va falloir que chacun y mette du sien".

M. Berger avait salué comme une "victoire" dimanche le retrait annoncé la veille par le Premier ministre Edouard Philippe de la mesure de court terme d'âge pivot devant atteindre 64 ans en 2027, assorti d'un malus pour ceux qui partiraient plus tôt, même en ayant suffisamment cotisé.

Ce retrait, réclamé par les syndicats réformistes dont la CFDT, "est extrêmement important en terme de justice sociale", a souligné M. Berger lundi.

Mais le gouvernement l'a assorti de l'obligation, à travers une conférence de financement, de trouver des solutions alternatives pour que le régime soit à l'équilibre en 2027, et a confirmé que le futur régime universel comporterait un âge d'équilibre, autrement dit un âge pivot.

"On va discuter de tout, de tout, de tout", a insisté M. Berger, en insistant sur la nécessité de "mettre sur la table d'abord des chiffres" pour connaître "l'état du besoin de financement de notre système de retraites".

"Il faut sans doute interroger l'utilisation des réserves, elles sont sans doute en partie faites pour cela". On pourrait aussi "très bien imaginer dans le futur système universel (...) qu'il y ait une contribution supplémentaire" sur les hauts salaires.

Quant à prolonger la contribution pour le remboursement de la dette sociale (CRDS), il a estimé qu'il fallait "peut-être la garder pour une autre question extrêmement importante pour notre société, qui est la prise en charge de la dépendance".

Il a par ailleurs pointé la responsabilité des employeurs, dont il faudra "regarder la part de contribution", notamment "sur la question de la pénibilité, sur la question des seniors", car "si tous les salariés allaient au bout de leur carrière en étant en emploi, en termes de ressources et de dépenses sociales, ce ne serait pas exactement la situation d'aujourd'hui".

Le secrétaire général de l'Unsa, Laurent Escure, a évoqué les mêmes pistes de financement sur CNews, disant avoir "plein de solutions à mettre sur la table", sachant que "la trajectoire d'équilibre pour 2027 c'est à peu près 46 milliards d'euros en cumulé sur plusieurs années à trouver".

Il a évoqué "un fonds de réserve de 30 milliards qui pourrait pour une partie couvrir ce déficit programmé", ou encore "la mobilisation d'une "petite partie" de la CRDS, "une surcotisation" pour "ceux qui gagnent plus de 10.000 euros par mois" et "un geste des employeurs" en termes à la fois de cotisations et d'"engagement sur l'emploi des seniors".

Vos réactions doivent respecter nos CGU.