Retour en France des jihadistes : un député LR réclame des "assassinats ciblés"

Retour en France des jihadistes : un député LR réclame des "assassinats ciblés"
Un drapeau de l'État islamique à Tabqa Dam, en Syrie, le 30 avril 2017.

, publié le mercredi 30 janvier 2019 à 09h35

Le gouvernement n'exclut plus, comme c'était le cas jusqu'à maintenant, de rapatrirer les jihadistes détenus en Syrie. Les autorités craignent qu'ils ne s'évanouissent dans la nature à la faveur du retrait américain de Syrie, et ne constituent de nouveau une menace.

L'annonce par le gouvernement d'un éventuel retour des jihadistes français détenus par les kurdes en Syrie a provoqué mardi 29 janvier une levée de boucliers chez les responsables politiques de droite et d'extrême-droite.

Le député LR Pierre-Henri Dumont a même appelé à des "assassinats ciblés".

Interrogé sur LCP, le député LR du Pas-de-Calais, Pierre-Henri Dumont, a déclaré: "Il y a un choix juridique d'intelligence avec l'ennemi, en leur retirant la nationalité française. Il y a un autre choix, l'élimination de ces personnes".



"Ce sont des éliminations ciblées pratiquées déjà par différents services (de renseignement) en Syrie, en Irak (...) c'est-à-dire tuer des personnes qui ont pris des armes contre la France, la France ne doit jamais les réaccueillir", a-t-il précisé. "On les tue sur place, des assassinats ciblés ça a toujours été fait", a-t-il soutenu.

La députée et secrétaire générale adjointe de LR Valérie Boyer a demandé lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale d'"empêcher que ces jihadistes qui ont trahi la France et combattu notre civilisation ne reviennent (...) en France". "S'ils posaient le pied en France, ils seraient immédiatement arrêtés et ils seront jugés", lui a répondu M. Castaner.

L'eurodéputé du Rassemblement national Nicolas Bay, également membre du bureau exécutif (direction) du RN, a pour sa part jugé dans un communiqué que "par leur engagement aux côtés de groupes ayant déclaré la guerre à notre pays, ayant commis des attentats ignobles sur notre territoire, ces jihadistes ont délibérément choisi de rompre avec la France et rien ne justifie qu'elle leur accorde une quelconque protection".


"Plutôt que de préparer leur retour, le gouvernement devrait tout faire pour les empêcher de revenir sur le territoire! Ils doivent être jugés par les autorités compétentes syriennes et irakiennes", a ajouté le responsable du RN. "Ce sont des jihadistes, ils ne devraient donc plus être français", avait tweeté un peu plus tôt la chef du parti Marine Le Pen, réagissant à des propos sur BFMTV du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, pour qui "ce sont des Français avant d'être des jihadistes".

Dupont-Aignan veut les envoyer aux Kerguelen

Pour le président de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan, "la seule sentence pour ces individus doit être le bannissement sur un lieu isolé comme les Îles Kerguelen", "encadré par la justice". "À ce titre, tous les individus en cause, par le seul fait de s'être volontairement rendus en Syrie pour servir l'État islamique, devraient être condamnés pour trahison et intelligence avec l'ennemi", soutient-il.

La France, opposée jusqu'ici au retour des jihadistes français, n'exclut plus leur rapatriement de crainte qu'ils ne s'évanouissent dans la nature à la faveur du retrait américain de Syrie, et ne constituent de nouveau une menace. "Compte tenu de l'évolution de la situation militaire dans le nord-est syrien (...) nous examinons toutes les options pour éviter l'évasion et la dispersion de ces personnes", a annoncé mardi la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, esquissant un virage à 180 degrés de la position française.

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