"Renforcement de la répression" : Christophe Castaner répond aux critiques du Défenseur des droits

"Renforcement de la répression" : Christophe Castaner répond aux critiques du Défenseur des droits
Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, le 11 mars 2019, à l'Élysée.

, publié le mardi 12 mars 2019 à 19h22

Le ministre de l'Intérieur a accusé Jacques Toubon d'axer ses critiques sur le maintien de l'ordre et de mener "un combat manifestement plus personnel que collectif". 

Des étrangers aux "gilets jaunes" en passant par la lutte antiterroriste, le rapport annuel du Défenseur des droits pointe un "renforcement de la répression" en France tout en s'inquiétant d'un "repli" des services publics qui sape la cohésion sociale. "En France, parallèlement au recul des services publics, s'est implantée une politique de renforcement de la sécurité et de la répression face à la menace terroriste, aux troubles sociaux et à la crainte d'une crise migratoire alimentée par le repli sur soi", résume dans son rapport publié ce mardi 12 mars cette autorité indépendante chargée notamment de défendre les citoyens face à l'administration et dirigée par Jacques Toubon. 

L'ancien ministre de droite propose par ailleurs d'interdire les LBD (lanceur de balle de défense) et les grenades de désencerclement GLI-F4, deux armes controversées accusées d'avoir fait de graves blessées parmi les "gilets jaunes", afin de "protéger l'intégrité de tous", forces de l'ordre et manifestants.

"Il faut remettre les choses à leur place", par la suite répliqué le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner à Vélizy-Villacoublay (Yvelines), accusant M.

Toubon d'axer ses critiques sur le maintien de l'ordre et de mener "un combat manifestement plus personnel que collectif"."Sur les 95.800 saisines en 2018 du Défenseur des droits, seuls 1,5% concerne la déontologie de la police et seuls 10% de ces 1,5% concerne des faits qui seraient des fautes", a-t-il poursuivi. Quelques heures plus tôt, lors de la présentation de son rapport, le Défenseur des Droits avait lui-même reconnu que "moins de 10%" des 1.520 réclamations liées à la déontologie de la sécurité concernaient les forces de l'ordre.

"Vous êtes les défenseurs du droit, sur le terrain, pas dans des studios radio"

"Si le Défenseur des droits fait la tournée des plateaux pour parler de ces sujets-là, je pense qu'il oublie l'essentiel des droits sur lequel il est saisi. Il a fait le choix de parler de ce sujet et seulement de ce sujet-là, et je le regrette", a ajouté M. Castaner.

"Depuis de longues semaines, chaque samedi notamment, nos forces de l'ordre sont attaquées. Il faut se poser la question simple : est-ce que nos forces de l'ordre ont le droit de se défendre face à l'hyperviolence de quelques-uns?", a-t-il lancé.



Pour le locataire de la place Beauvau, la question du LBD ne se pose plus aujourd'hui. "Est-ce que ces derniers jours la question du LBD sur le terrain a été posée ? La réponse est non. Oui, le 1er décembre, le 7 décembre, nos forces ont utilisé des LBD, mais souvenez-vous de la violence de ces agressions. N'inversons pas la responsabilité", a-t-il affirmé.



"Vous ne faites jamais usage de la force par plaisir, mais toujours par devoir. Je ne laisserai pas dire que vous êtes une menace pour les droits, alors que vous risquez vos vies chaque jour pour faire respecter le droit", a-t-il également affirmé face aux forces de l'ordre. "Vous êtes les défenseurs du droit, sur le terrain, dans la vraie vie, pas dans des studios radio ou sur des plateaux télé", a-t-il encore dit. 

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