Rejet du vote par anticipation au Sénat : "les oppositions ne souhaitent pas porter des innovations démocratiques", dénonce Gabriel Attal

Rejet du vote par anticipation au Sénat : "les oppositions ne souhaitent pas porter des innovations démocratiques", dénonce Gabriel Attal
Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal le 13 février 2021.

, publié le vendredi 19 février 2021 à 11h12

De nombreux sénateurs ont critiqué la méthode du gouvernement qui aurait présenté cet amendement par surprise sans aucune discussion préalable.

Comme attendu, le texte n'est pas passé.

Le Sénat, dominé par l'opposition de droite a rejeté très largement jeudi dans la soirée l'amendement polémique du gouvernement sur le vote par anticipation pour la présidentielle de 2022. Cet amendement, présenté au dernier moment dans le cadre d'un projet de loi organique technique, a été retoqué par 321 voix contre et 23 pour (le groupe RDPI à majorité En Marche). Il prévoyait que les électeurs puissent demander à voter de manière anticipée sur des machines à voter durant la semaine précédant le scrutin, dans des bureaux et à une date qui restait à définir par décret.

"L'objectif, et c'était un engagement de campagne du président de la République, est de généraliser le vote électronique comme le font de très nombreux pays et même des villes en France", a expliqué le porte Parole du gouvernement Gabriel Attal vendredi 19 février sur France 2. "Cela montre, un nouvelle fois, que les oppositions ne souhaitent pas porter des innovations démocratiques. (...) Il y a une vision conservatrice de la démocratie", a-t-il ajouté 



Interrogé sur un possible retour de l'amendement devant les parlementaires : "Je ne sais pas si on peut le faire revenir dans ce texte mais effectivement, on laisse toutes les portes ouvertes".

"Tripatouillage" et "bricolage"

Avant le vote, le sénateur LR Philippe Bas a une nouvelle fois demandé "solennellement" le retrait de l'amendement qui, selon lui, fait "un procès d'intention" aux Français, en supposant qu'ils préfèreraient partir en week-end que d'aller voter. "Quand on change les règles du jeu, il faut obtenir un consensus de l'ensemble de la classe politique, ce qui n'est pas le cas en l'espèce", a pour sa part souligné le rapporteur Stéphane Le Rudulier (LR)."Tripatouillage", "bricolage" : les sénateurs de tous bords ont de nouveau critiqué la méthode et énuméré une série de questions pratiques : combien de machines à voter ? qui va les payer ? qui en sera responsable ? quelle date pour le scrutin anticipé ? quid des législatives ?

Pour Guy Benarroche (groupe écologiste), l'amendement n'est pas "une improvisation hasardeuse, mais s'inscrit dans une stratégie réfléchie du président de la République pour la présidentielle". "Quand on change les règles du rugby", il y a des expérimentations, "on commence par les tournois juniors", a argumenté Jean-Claude Requier (RDSE à majorité radicale). "La présidentielle, c'est le top 14".

Une volonté de "moderniser le vote"

La ministre déléguée à la Citoyenneté Marlène Schiappa, qui présentait le texte devant la chambre haute, a défendu un "dispositif pour simplifier et renforcer la participation". Réfutant toute volonté de "passage en force" et tout procès en "ringardise", elle a indiqué que la volonté du gouvernement était "de répondre à l'engagement du programme du président de la République sur la numérisation et la modernisation de la démocratie", et "de répondre à la volonté d'un certain nombre de parlementaires de moderniser, numériser le vote".

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