Pour les Régionales, La République en marche se rêve en faiseur de rois

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Stanislas Guerini et Francois Bayrou lors d'un meeting du Modem à Guidel, dans l'Ouest, le 29 septembre 2019
Stanislas Guerini et Francois Bayrou lors d'un meeting du Modem à Guidel, dans l'Ouest, le 29 septembre 2019
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© AFP, Jean-Francois MONIER
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publié le dimanche 13 juin 2021 à 07h26

Après l'échec des municipales, La République en marche et ses alliés se veulent aussi modestes que lucides sur leurs chances de conquête de région, mais espèrent limiter la casse lors d'un scrutin au lendemain duquel commencera la campagne présidentielle.

"Je trouve qu'il y a une bonne réception et un bon accueil, objectivement. Il y a pas mal de régions où l'on est dans le match", estimait ces derniers jours en privé le patron des marcheurs, Stanislas Guerini, qui ne se "risque pas pour autant à faire des pronostics".

Ironie de la "maison commune" qui réunit la majorité présidentielle, les meilleurs espoirs de victoire se trouvent au MoDem: Marc Fesneau en Centre-Val-de-Loire, voire Geneviève Darrieussecq en Nouvelle-Aquitaine, même si les derniers sondages, plutôt mauvais, ont refroidi les plus optimistes.

Longtemps, les macronistes ont peiné à aborder ces élections intermédiaires, réputées quasi-systématiquement défavorables au pouvoir en place, en hésitant entre la nationalisation du scrutin - au risque d'affaiblir Emmanuel Macron à dix mois de la présidentielle en cas d'échec - et le cantonnement aux enjeux locaux - quitte à être inaudible dans chacune des treize régions métropolitaines.

Mais c'est surtout la stratégie entre les deux tours qui est au cœur des interrogations, notamment face au risque de victoire du Rassemblement national.

En Provence-Alpes-Côte-d'Azur, la question a finalement été réglée par une alliance de premier tour avec le sortant LR, Renaud Muselier.

Davantage délicates s'annoncent les situations au soir du premier tour dans le Grand Est, Bourgogne-Franche-Comté et surtout Hauts-de-France, où le parti de Marine Le Pen nourrit ses meilleurs espoirs.

Dans la première, le sortant LR Jean Rottner jure que sa liste sera "la même" au premier et second tour, comprendre qu'il n'y aura pas de fusion, même si d'aucuns murmurent dans chaque camp que la position peut encore évoluer.

"Il y a beaucoup de sortants qui ont l'obsession de ne pas faire avec nous, parce qu'ils se placent dans des logiques d'écuries partisanes en vue de la présidentielle", déplore un marcheur.

La socialiste Marie-Guite Dufay, candidate à sa succession à l'hôtel de région de Dijon, demeure pour sa part évasive quant à un accord au soir du premier tour avec les marcheurs.

La macronie verrait pourtant d'un très bon œil une telle alliance, qui calmerait les procès réguliers en droitisation du parti présidentiel, notamment après l'alliance avec M. Muselier.

- Retrait "sec" ou maintien ?  -

Quid de Xavier Bertrand, patron des Hauts-de-France, et candidat déclaré à la prochaine présidentielle?

Héraut de la lutte contre l'extrême droite, la majorité présidentielle s'était jusqu'alors voulue inflexible sur le "front républicain" et le retrait d'une liste entre les deux tours pour empêcher la victoire du RN - à l'image du Parti socialiste lors des régionales en 2015 déjà dans les Hauts-de-France et en Provence-Alpes-Côte-d'Azur.

La doxa a-t-elle vécue? "Celui qui arrive en tête doit rassembler et garantir des conseillers régionaux d'opposition", a récemment prôné l'eurodéputé LREM Stéphane Séjourné, afin de "permettre l'existence de l'opposition pendant cinq ans pour donner une expression démocratique".

Encore faut-il que "celui qui arrive en tête" accepte, ce à quoi Xavier Bertrand ne semble pas disposé. 

Dès lors, retrait "sec", ou maintien, quitte à certes faire gagner le RN mais en même temps se débarrasser d'un encombrant concurrent d'Emmanuel Macron à la course à l'Elysée, ce que craignent les partisans de M. Bertrand ?

"Il y a en fait plusieurs cas de figures", veut rassurer un haut cadre de La République en marche. "Si, au soir du premier tour, on est à 15% et Bertrand à 27%, alors on est en droit de dire qu'il s'agirait d'une anomie démocratique si l'on n'était pas représenté au Conseil régional et de demander à ce qu'il prenne ses responsabilités et ouvre ses listes".

"Mais si on est à 10,5% et Bertrand à 35%, c'est pas pareil... On aura beaucoup moins de latitude pour négocier", poursuit le même. 

D'autres se veulent philosophes: "On n'est pas à l'abri de faire moins de 10% et donc de ne pas se qualifier pour le second tour. Au moins, ça règlera le problème..."

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