Régionales: Wauquiez entre en campagne et joue la carte sécuritaire

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Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes Laurent Wauquiez visite l'usine de textile Chamatex, le 11 mai 2021 à Tarare (Rhône)
Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes Laurent Wauquiez visite l'usine de textile Chamatex, le 11 mai 2021 à Tarare (Rhône)
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© AFP, JEAN-PHILIPPE KSIAZEK

publié le mardi 11 mai 2021 à 15h56

Dernier président sortant à le faire, Laurent Wauquiez (LR), favori des sondages, a officialisé mardi qu'il briguait sa réélection en Auvergne-Rhône-Alpes en juin, en faisant de la sécurité sa priorité pour le mandat à venir.

"Pour tourner la page de la crise, nous avons besoin d'une région solide. Une région capable de mobiliser toutes ses forces. C'est pour cette raison que je suis candidat", a-t-il déclaré à quelques jours de la clôture du dépôt des listes.

Son entrée en campagne a été savamment orchestrée dans une fabrique de masques respiratoires à Tarare, où un pupitre avait été installé dans un atelier, avec employées et machines en arrière-plan.

Un symbole tout trouvé de l'action menée par la région depuis la crise sanitaire (distribution de masques et de purificateurs d'air, campagne de dépistage, etc.), couplée comme toujours à une intense communication.

Le patron du groupe de textile Chamatex n'a pas tari d'éloges sur les aides reçues. Devant la presse, trois autres "témoins" - un éleveur de volailles de Bresse, un maire de l'agglomération lyonnaise et une infirmière libérale - ont dit aussi tout le bien qu'ils pensaient du président sortant, accompagné de son épouse pour l'occasion.

L'ancien maire du Puy-en-Velay s'est ensuite rendu à Clermont-Ferrand, où il a visité les ateliers de rénovation ferroviaire ACC-M, repris en 2019 par le groupe TTH avec l'aide de la Région.

Dans un décor de quai de gare, devant un wagon britannique de 1959, les témoignages laudatifs d'une médecin, d'un chef d'entreprise ou d'un couple ayant repris une épicerie rurale, se sont aussi succédé.

Un récent sondage Ipsos a montré que le bilan de M. Wauquiez était largement apprécié parmi les électeurs, même ceux de ses adversaires Bruno Bonnell (LREM), Fabienne Grébert (EELV), Andrea Kotarac (RN) et Najat Vallaud-Belkacem (PS).

Depuis cinq ans, il a souvent mis l'accent sur sa "bonne gestion" financière. Et lancé des "plans" pour tout, de la filière bois à la chasse en passant par les lycées, la montagne, le Beaujolais, la sécheresse, les commerçants ou les fanfares, sans oublier les caméras de vidéosurveillance - liste non exhaustive.

Mardi, M. Wauquiez a fait de la "restauration de l'autorité et de la sécurité" la priorité de son prochain mandat, alors que la délinquance est la première préoccupation des habitants, selon le dernier sondage.

"Nous savons tous que c'est d'abord la responsabilité de l'Etat" mais faut-il "se défausser" ?, a-t-il demandé, en dénonçant des sanctions "trop souvent virtuelles" pour les auteurs d'incivilités ou d'agressions.

Trois "domaines d'action" - ramener les emplois dans la région en y relocalisant des productions, la santé et la protection de l'environnement - complètent son programme, avec une "stratégie": ne pas augmenter les impôts.

"C'est un homme du passé, donc c'est une candidature du passé", a balayé sa rivale écologiste, Fabienne Grébert, en qualifiant de "greenwashing" la volonté de M. Wauquiez de faire de la qualité de l'air "une grande cause régionale".

Récemment interrogé par l'AFP, le candidat LREM Bruno Bonnell avait estimé que rester à la tête d'Auvergne-Rhône-Alpes n'était, pour le sortant, qu'une "case à cocher" dans un agenda tourné vers l'élection présidentielle de 2022.

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