Régionales : Valls, Jospin, Huchon... La gauche se déchire

Régionales : Valls, Jospin, Huchon... La gauche se déchire ©Panoramic

publié le jeudi 24 juin 2021 à 17h30

Ce jeudi, Manuel Valls et Jean-Paul Huchon ont tous les deux appelés à voter pour Valérie Pécresse au second tour des élections régionales en Île-de-France plutôt que pour l'union de la gauche emmenée par l'écologiste Julien Bayou. Face à cette "trahison", Lionel Jospin est monté au créneau.

Voilà des prises de position qui n'ont pas fini de faire réagir à gauche.

À quelques jours du second tour des élections régionales en Île-de-France, l'ex-Premier ministre Manuel Valls et l'ex-président socialiste de la région Île-de-France Jean-Paul Huchon ont appelé à combattre l'alliance de gauche, menée par l'écologiste Julien Bayou, en soutenant ouvertement la présidente de région de droite Valérie Pécresse (ex-LR, Libres) ce jeudi.  


Un vote "sans hésitation"

"Comme je suis franc, direct, je voterai Valérie Pécresse, parce que je considère qu'il y a ce danger", a expliqué Manuel Valls sur Europe 1. L'ex-Premier ministre a exprimé son inquiétude concernant la coalition de gauche des listes Europe Écologie-Les Verts (EELV), Parti socialiste (PS) et La France insoumise (LFI) menée par Julien Bayou. Selon lui, "l'alliance des écolos et du PS avec LFI est une faute politique et morale". Il estime que sur "l'islamisme, la laïcité, la lutte contre l'antisémitisme, le soutien aux policiers", le parti de Jean-Luc Mélenchon est coupable de "trop d'ambiguïté ou de compromissions". "Si on considère qu'il y a un danger, à partir de l'addition des trois listes de gauche, face en plus à l'abstention massive, alors il faut voter pour Valérie Pécresse", insiste-t-il en pointant le "danger de ceux qui ont tourné le dos à la République".  

Dans le sillage de Manuel Valls, Jean-Paul Huchon, l'ex-président socialiste de la région Île-de-France, a également apporté son soutien à Valérie Pécresse dans les colonnes du Point. Un vote qui se fera "sans hésitation", dit-il. "Je ne peux pas accepter que cette région soit gérée par une telle alliance baroque" entre LFI, le PS et EELV. "L'enjeu dans une région est de faire avancer tout le monde en même temps. La troïka qui se présente à ces élections sous les couleurs de la gauche ne semble pas en mesure de le faire", ajoute-t-il. Pour lui, Julien Bayou est un "extrémiste" et Audrey Pulvar "est mauvaise". "Pour Emmanuel Macron, il vaudrait mieux avoir une présidente de région sérieuse et responsable plutôt que des gens irresponsables, irréfléchis et beaucoup trop idéologues comme le sont Julien Bayou, Clémentine Autain et Audrey Pulvar", argumente-t-il.

Jospin monte au créneau

Ces prises de position sont vécues comme une trahison dans les rangs de la gauche. Sur France 2, le député LFI Alexis Corbière a qualifié Manuel Valls d'"idiot utile de la droite et de l'extrême droite", de "M. Carnaval" soulignant qu'il s'agissait d'un homme "sans moralité", "détesté en France" et en "Catalogne".  

"Ce qu'il faut noter dans l'appel de Manuel Valls et Jean-Paul Huchon (...), c'est qu'il n'y a même plus d'étape à la station centre droit Saint-Martin, c'est direct à droite toute, station Pécresse, terminus de toutes les vilénies", a pour sa part réagi l'ex-candidat à la présidentielle Benoît Hamon.

Sur Twitter, Clémentine Autain, ex-tête de liste LFI désormais alliée de Julien Bayou a également exprimé son indignation : "Toutes les boussoles perdues - soutenir celle qui creuse les inégalités et pique les fiches du RN, il fallait oser quand on est censé avoir présidé la région à gauche. Et toute honte bue - Valérie Pécresse ne cesse d'accuser son prédécesseur. Quelle déchéance", écrit-elle, rappelant les nombreuses critiques de l'actuelle présidente de région envers Jean-Paul Huchon, qui ne semble donc pas lui en tenir rigueur.


Selon Denis Cosnard, journaliste au Monde, sur Twitter, l'ex-Premier ministre socialiste Lionel Jospin serait même sorti du bois pour répondre à ces attaques en appelant à voter pour l'union de la gauche menée par Julien Bayou. Sur franceinfo, Valérie Pécresse s'est quant à elle réjouie des "soutiens de responsabilité". "Rien ne les rapproche, mais un combat les unit : lutter contre l'extrême gauche", a-t-elle expliqué en faisant référence à Manuel Valls, mais aussi à Nicolas Dupont-Aignan qui a également fait part de son intention de voter pour elle dimanche.

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