Régionales: Valls et Huchon appellent à voter Pécresse, tollé à gauche

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Manuel Valls photographié à Paris le 3 mai 2021
Manuel Valls photographié à Paris le 3 mai 2021
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© AFP, JOEL SAGET

publié le jeudi 24 juin 2021 à 17h16

Plusieurs personnalités issues de la gauche comme Manuel Valls ou Jean-Paul Huchon ont appelé jeudi à voter pour la présidente sortante de droite Valérie Pécresse au second tour des régionales dimanche en Ile-de-France, pour faire battre la liste d'union de la gauche, suscitant une levée de boucliers au PS et chez LFI.

"Voilà, on en est là. Dédiabolisation des idées de l'extrême droite et diabolisation de l'écologie. Je suis socialiste. Je suis du côté de la République. Je fais le choix de l'espoir. L'aigreur est une impasse", s'est ému le patron du PS Olivier Faure.

L'ancien président François Hollande lui aussi "soutient dans toutes les régions de France les listes où figurent des candidats socialistes, conformément à son engagement de toujours", a indiqué son entourage à l'AFP.

Evoquant la coalition des listes EELV, PS et LFI emmenée par Julien Bayou pour le second tour des régionales, son ex-Premier ministre Manuel Valls avait déclaré un peu plus tôt sur Europe 1: "Comme je suis franc, direct, je voterai Valérie Pécresse parce que je considère qu'il y a ce danger" venant de "ceux qui ont tourné le dos à la République".

S'allier avec La France insoumise est "une faute morale", a ajouté le candidat perdant à la primaire de la gauche en 2017 qui s'était ensuite rapproché de LREM, en dénonçant "les ambiguïtés, les compromissions de membres des listes de La France insoumise en Île-de-France avec l'islamisme, par rapport à la lutte contre l'antisémitisme, au soutien aux policiers, sur la laïcité".

Valérie Pécresse a salué sur franceinfo les "soutiens en responsabilité" de Manuel Valls et du patron de Debout la France Nicolas Dupont-Aignan - qui a annoncé mercredi son intention de voter pour elle. "Rien ne les rapproche, mais un combat les unit: lutter contre l'extrême gauche", a-t-elle estimé.

- "A droite toute" -

Dans les colonnes du Point, Jean-Paul Huchon, ex-président socialiste de l'Île-de-France (1998-2015) qui avait voté pour Emmanuel Macron en 2017, a lui aussi annoncé qu'il "vote sans hésitation Valérie Pécresse", pour contrer une "alliance baroque".

Réaction de Clémentine Autain, l'ex-tête de liste LFI et désormais alliée de Julien Bayou: "Toutes les boussoles perdues - soutenir celle qui creuse les inégalités et pique les fiches du RN, il fallait oser quand on est censé avoir présidé la région à gauche. Et toute honte bue - Valérie Pécresse ne cesse d'accuser son prédécesseur. Quelle déchéance", a-t-elle tweeté.

Quant à Manuel Valls, "c'est l'idiot utile de la droite et de l'extrême droite", "M. Carnaval", "un type détesté en France, détesté en Catalogne, homme sans moralité" et "qui vient faire son tour en nous insultant", a accusé le député LFI Alexis Corbière sur France 2. 

Juliette Meadel, ancienne secrétaire d'Etat sous François Hollande, a elle aussi dit qu'elle ne voterait "pas pour la France insoumise". L'essayiste Alain Minc, soutien de la première heure d'Emmanuel Macron, a appelé à voter Valérie Pécresse, et non Laurent Saint-Martin, tête de liste LREM, afin de battre une gauche qu'il considère "extrême".

"Ras-le-bol de nous faire traiter d'#EnnemiDeLaRepublique par ceux qui ont aggravé les inégalités, cassé nos services publics, bafoué la souveraineté populaire, dévoyé la laïcité... La République, c'est nous !", a lancé le numéro deux de LFI Adrien Quatennens dans un tweet.

"Ce qu'il faut noter dans l'appel de Manuel Valls et Jean-Paul Huchon (...), c'est qu'il n'y a même plus d'étape à la station centre droit Saint Martin, c'est direct à droite toute, station Pécresse, terminus de toutes les vilénies", a commenté pour sa part le fondateur de Générations et ex-candidat à la présidentielle Benoît Hamon.

Interrogé sur la possibilité de mettre sur le même plan Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, Manuel Valls a répondu: "oui, bien sûr, sans aucune hésitation", qualifiant de "choix terrible à faire" un éventuel second tour de la présidentielle entre ces deux candidats déclarés.

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