Régionales/Paca: l'écologiste Félizia votera Muselier "pour battre Thierry Mariani et sa triste cohorte"

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Jean-Laurent Felizia, le 15 juin 2021 à Marseille
Jean-Laurent Felizia, le 15 juin 2021 à Marseille
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© AFP, Nicolas TUCAT

publié le lundi 21 juin 2021 à 18h05

"Je n'avais pas le droit de jouer avec le feu" face au RN, a expliqué Jean-Laurent Félizia, le chef de file écologiste de la liste d'union de la gauche en Paca, pour justifier lundi sa volte-face et son retrait du second tour des élections régionales.

Dimanche, "je voterai (Renaud) Muselier pour battre Thierry Mariani et sa triste cohorte" du Rassemblement national, a insisté lors d'une conférence de presse le conseiller municipal écologiste du Lavandou (Var), refusant de "laisser Marine Le Pen", la présidente du parti d'extrême droite, "faire de Paca le marchepied de ses funestes ambitions" présidentielles.

Au soir du premier tour, Jean-Laurent Félizia avait créé la surprise en annonçant qu'il maintenait la liste d'union de la gauche et des écologistes, sans les insoumis, arrivée troisième avec 16,9% des voix, des régionales en Provence-Alpes-Côte d'Azur, la seule région de France où le RN (36,4%) avait terminé en tête au premier tour, avec 4,47 points d'avance sur la liste du président LR sortant Renaud Muselier (31,9%).

"Avec ces écarts et deux tiers des électeurs qui n'ont pas voté, ce second tour était incertain, trop incertain, dangereux, trop dangereux", a reconnu lundi le leader écologiste, évoquant "un choix déchirant qui s'est posé à tous".

"Nous avons eu un débat humain, franc, personnel, émouvant. Il a mis face à face le choix entre deux responsabilités: celle de recomposer la gauche ou de s'exposer à un péril à court terme", a expliqué l'élu. "Il n'y avait pas de bon choix mais c'était de ma responsabilité d'en prendre un".

Répondant à ceux qui lui reprochent d'avoir cédé au diktat des instances nationales des partis de gauche et d'EELV qui lui avaient demandé de se retirer, Jean-Laurent Félizia a assuré que ce n'étaient "pas les pressions qui (avaient) emporté (sa) décision" mais "le souci de l'intérêt général".

Renaud Muselier a immédiatement salué dans un communiqué "une décision républicaine" qui "répond de façon courageuse et claire à l'exigence de rassemblement face à l'extrême droite".

A contrario, le chef de file RN Thierry Mariani a dénoncé sur Twitter le retrait de la liste de gauche dont il avait salué le maintien au soir du premier tour: "Incapables de convaincre les électeurs, les voici tous unis --des communistes aux macronistes, des socialistes à LR-- pour tenter d'empêcher la volonté populaire de s'exprimer", a-t-il écrit.

"Si Muselier l'emporte dimanche en PACA, notre région deviendra alors la seule région gagnée par Macron", a ajouté l'ancien ministre de Nicolas Sarkozy en référence à l'ouverture de la liste de Renaud Muselier à des membres de la majorité présidentielle.

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