Régionales : le but de l'accord entre LREM et Renaud Muselier est de "démolir LR", selon Bruno Retailleau

Régionales : le but de l'accord entre LREM et Renaud Muselier est de "démolir LR", selon Bruno Retailleau
Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat.

publié le jeudi 13 mai 2021 à 12h36

"On ne peut pas cautionner un accord qui ne respecte pas les engagements que Renaud Muselier avait pris devant la commission nationale d'investiture", a estimé Bruno Retailleau au micro de Franceinfo.

L'accord entre LREM et Renaud Muselier en vue des régionales en PACA suscite la colère de Bruno Retailleau. Mercredi 12 mai, le candidat a confirmé qu'il ne prendrait pas Sophie Cluzel sur sa liste, mais qu'il y aurait des membres de LREM.


Pour le président du groupe LR au Sénat, qui réclame le retrait de l'investiture LR à Renaud Muselier pour les régionales, l'accord "n'a qu'un seul but, démolir LR", a-t-il accusé au micro de Franceinfo.

"On ne peut pas cautionner un accord qui ne respecte pas les engagements que Renaud Muselier avait pris devant la commission nationale d'investiture", a continué Bruno Retailleau.

L'objectif selon lui est "qu'on puisse laisser le champ libre à Emmanuel Macron pour la présidentielle parce qu'il rêve en réalité du face à face qui l'opposerait à Marine Le Pen", a ajouté le président du groupe LR au Sénat, toujours auprès de Franceinfo.

"Pas de ministre ni de parlementaires" sur sa liste

Soumis à de fortes pressions, Renaud Muselier a défendu une liste "représentative de la chambre régionale" mais martelé : "il n'y aura pas de ministre et pas de parlementaires".

"Il y a des représentants de la majorité présidentielle, d'Agir, du MoDem et des élus LREM", a-t-il affirmé sur France Bleu Azur, en précisant que sa tête de liste dans les Alpes-Maritimes serait Christian Estrosi, le maire de Nice, qui a claqué la porte de LR le 6 mai.

Difficile d'en savoir plus sur ces listes au coeur d'intenses tractations et de pressions multiples.

Le 2 mai, le Premier ministre Jean Castex avait bouleversé la donne en annonçant le retrait de la liste de Sophie Cluzel au profit de celle de Renaud Muselier, parlant au passage de "recomposition politique".

Cette annonce avait provoqué un véritable psychodrame au sein des Républicains, qui avaient finalement maintenu leur soutien à Renaud Muselier en échange de l'assurance qu'il n'y aurait "aucun accord avec LREM".

"Pas de fusion"

"Il n'y a pas de fusion, il n'y a pas d'accord d'appareil, je n'ai jamais parlé à Monsieur (Stanislas) Guerini", le patron de LREM, a affirmé Renaud Muselier mercredi.

Chez LREM comme chez LR, on temporise en attendant d'en savoir plus sur la composition de la liste.

Néanmoins, deux noms reviennent régulièrement : celui du référent de LREM dans les Bouches-du-Rhône, Bertrand Mas-Fraissinet, et de Graig Monetti, directeur de cabinet de la ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal, et par ailleurs réputé proche de Christian Estrosi.

"La liste n'est pas publiée mais en l'état elle correspond à l'accord (22% de marcheurs au total, 30% en position éligible si Renaud Muselier est élu)", assure une source LREM.

Des chiffres "faux", assure-t-on dans le camp Muselier.

Reste que cette présence passe mal auprès de certains LR. D'autant que, selon le député LR du Vaucluse Julien Aubert, "il n'y a pas à (sa) connaissance de parlementaires Les Républicains" sur la liste.

Cela signifierait qu'aucun des sortants LR - les députés Julien Aubert et Eric Diard (Bouches-du-Rhône) ainsi que le sénateur Philippe Tabarot (Alpes-maritimes) - ne serait présent.

L'idée fait bondir Damien Abad, le président du groupe à l'Assemblée : "Je n'accepte pas qu'on ait fait sortir des députés LR des listes".

"Cette affaire va laisser des traces"

"Le deal c'est pas non plus de parlementaires LR, et c'est respecté", assure une source LREM.

D'ores et déjà, le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau et le député LR des Alpes-maritimes Eric Ciotti, ont demandé à leur parti, en cohérence avec leur vote "dur" de la semaine dernière, de retirer son soutien à Renaud Muselier.

Chez LR, on appelle au "sang-froid", en rappelant, avant toute décision, que la date limite de dépôt des listes est fixée au lundi 17 à midi.

Mais "cette affaire va laisser des traces", soupire un élu, qui redoute de voir des adhérents LR partir dans ce qui compte parmi les plus grosses fédérations.

L'imbroglio pourrait aussi se payer dans les urnes. "C'est un bordel inouï. Avec ces conneries, (Thierry) Mariani risque d'être élu... C'est assez grave cette cacophonie à laquelle tout le monde se prête", a affirmé à l'AFP un responsable de la majorité.

Selon deux sondages publiés mardi, la liste RN conduite par Thierry Mariani (ex-LR) arriverait en tête du premier tour et, pour la première fois, du deuxième tour en cas de triangulaire, devant la liste de Renaud Muselier.

Dans une interview au Parisien mercredi matin, le patron de LR Christian Jacob avait estimé que le Premier ministre devenait "le meilleur carburant du RN".

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