Régionales en Paca : LR soutient finalement Renaud Muselier, doutes sur la présence de candidats LREM sur la liste

Régionales en Paca : LR soutient finalement Renaud Muselier, doutes sur la présence de candidats LREM sur la liste
Le président LR sortant de la région Paca, Renaud Muselier, en avril 2021.

publié le mardi 04 mai 2021 à 22h35

Si la commission d'investiture des Républicains souligne qu'"aucun parlementaire, ministre ou élu de LREM ne figurera sur ses listes", le porte-parole du gouvernement a affirmé qu'il y aurait "bien sûr" des candidats LREM sur la liste de Renaud Muselier.

Après plusieurs jours de polémique, déclenchée par le retrait de la liste LREM au profit de celle menée par le président LR sortant de la région Paca, Renaud Muselier, pour les prochaines élections, la commission nationale d'investiture des Républicains a tranché : elle a finalement décidé mardi 4 mai d'apporter son "soutien" à Renaud Muselier pour le scrutin de juin, malgré 5 voix contre et 3 abstentions. 



"C'est un accord d'une famille rassemblée, qui a été secouée" mais dont "Renaud Muselier et LR sortent renforcés", s'est félicité à l'issue d'une réunion de la commission d'investiture le président de LR Christian Jacob, pour qui "cela nous met en situation de gagner les régionales". Aux termes de l'accord avalisé mardi, "aucun parlementaire, ministre ou élu de LREM ne figurera sur les listes", a ajouté Christian Jacob. "Il n'y a pas d'ambiguïté" et le cas de la secrétaire d'Etat Sophie Cluzel, qui avait annoncé être sur la liste d'union, "est réglé" puisque "évidemment" elle n'en sera pas, a-t-il ajouté.

Renaud Muselier a de son côté promis d'oeuvrer au "rassemblement le plus large possible" en précisant qu'il n'y avait "pas d'accord d'appareil".

Il devra désormais composer les listes départementales avec les têtes de listes, désignées mardi, et les responsables de fédération LR : "Je suis LR avec les bras ouverts et j'essaie de sortir du carcan des partis", a-t-il affirmé, au risque de réveiller certaines critiques.

Avec cet accord, LR compte sortir de la crise ouverte par l'annonce que la liste LREM se retirait au profit de celle menée par Renaud Muselier. Ce coup de tonnerre a été vécu comme un affront par LR qui craint de se faire asphyxier et a conduit Christian Jacob a indiqué que Renaud Muselier ne pourrait "pas bénéficier de l'investiture LR". Le parti a convoqué mardi matin son comité stratégique, qui a écarté toute exclusion de Renaud Muselier tout en lui demandant de "clarifier" sa position.

Dans un communiqué, Renaud Muselier a ensuite répété qu'il n'y aurait "pas d'accord" avec LREM et qu'il conduirait "une équipe dont la colonne vertébrale sera naturellement Les Républicains", défendant "une logique de large rassemblement avec comme unique objectif faire gagner la région Sud Provence-Alpes-Côte d'Azur". Il n'avait toutefois pas explicitement précisé que cela excluait de ses listes les ministres et parlementaires LREM, une "ambiguïté" regrettée par le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau.

Par ailleurs, au même moment, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a assuré sur LCI qu'il y aurait "bien sûr" des candidats LREM sur la liste de Renaud Muselier, ajoutant qu'il n'y avait "pas d'accord d'appareils". "Il a une majorité régionale sortante, qui est la colonne vertébrale" et puis "d'autres formations politiques et d'autres représentants politiques qui viennent s'agréger au service de l'intérêt général", a-t-il ajouté. 

"Il n'a jamais été question d'une alliance ou d'un accord d'appareil entre Les Républicains et La République en marche (...) Il a un rapprochement, une alliance, à l'échelle d'une région", a-t-il répété. "Ce qu'a annoncé le Premier ministre dimanche, c'est que nous soutenions la candidature de Renaud Muselier et que des personnes issues de la liste qui avait été conduite par (la secrétaire d'Etat chargée des Personnes handicapées) Sophie Cluzel participeraient à ce projet régional", a-t-il poursuivi.

Des propos balayés par les responsables LR. "C'est clair, net et précis, aujourd'hui c'est niet", a affirmé sur BFMTV le numéro 3 de LR Aurélien Pradié, tandis que le député du Vaucluse Julien Aubert s'agaçait : "mon voisin aussi a un avis, Renaud Muselier est mieux informé que quiconque, c'est de l'aveuglement".

La droite s'inquiétait beaucoup des répercussions que pourrait avoir, au-delà de la région, une alliance brouillant les lignes entre elle et LREM au nom de la lutte contre le RN. Le chef de l'Etat "fait tout pour faire en sorte de n'avoir plus que lui et Marine Le Pen et à ce jeu-là, il perdra", a estimé Aurélien Pradié, dénonçant "le cynisme politique d'Emmanuel Macron et de toute sa clique". Dans leur communiqué, Les Républicains se sont aussi dits des "opposants déterminés à l'idéologie du Rassemblement national".

Le président (ex-LR) des Hauts-de-France Xavier Bertrand avait appelé mardi les parlementaires LR à "préserver le talisman de l'unité" et mis en garde contre toute tentation d'alliance avec LREM, "piège tendu par un président aux abois". Quelques heures plus tard le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin annonçait être candidat aux départementales dans le Nord, appelant Xavier Bertrand à soutenir Emmanuel Macron, car "sur le fond, notre électorat est commun".  

Jean Castex avait assuré mardi devant le groupe parlementaire que la majorité avait été "sollicitée" par Renaud Muselier et que lui-même avait donc répondu favorablement à cet "appel", message encore relayé mardi soir par Gabriel Attal.
 

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