Régionales: Dupond-Moretti pressenti pour la tête de liste LREM des Hauts-de-France

Régionales: Dupond-Moretti pressenti pour la tête de liste LREM des Hauts-de-France
Eric Dupond-Moretti le 3 mai 2021 à Bobigny, près de Paris

publié le mercredi 05 mai 2021 à 17h43

Des discussions sont engagées au sein de la majorité et du gouvernement pour que le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti remplace Laurent Pietraszewski comme tête de liste LREM pour les régionales dans les Hauts-de-France, ont indiqué des sources gouvernementales et proches de la campagne mercredi à l'AFP.

Une source gouvernementale a confirmé cette hypothèse, dévoilée par Politico: "Ce serait le bon candidat pour faire un meilleur score que Pietraszewski et forcer Xavier Bertrand en vue de la triangulaire (voire quadrangulaire) du second tour".

L'option Dupond-Moretti comme tête de liste "n'est pas écartée" et cela va se décanter "dans la semaine", a affirmé à l'AFP une source interne à LREM.

"J'ai été contacté il y a 2-3 jours par le cabinet d'Eric Dupond-Moretti disant qu'il souhaitait s'investir dans la campagne", a indiqué à l'AFP le député LREM du Nord, Christophe di Pompeo: "Il va venir nous appuyer dans la campagne".

Interrogé par l'AFP, l'entourage du Garde des Sceaux a refusé de confirmer "car il n'y a rien d'arrêté. Le Garde des Sceaux a toujours dit son attachement aux Hauts-de-France et son envie d'aider la majorité présidentielle durant les régionales. Rien n'a changé".

Localement, une source remarque que "ça bouge, même si rien n'est confirmé": le "meeting digital" prévu vendredi, lors duquel devaient être présentées les listes LREM pour les régionales, devrait être reporté.  

Selon une source proche de la campagne, "on est à 95% de chances qu'il prenne la tête", et "cela va changer la configuration de la campagne": "s'il est envoyé par le président, il représente le président, qui a une bonne cote de popularité, alors que Pietra est plus vu comme le ministre des retraites, du chômage", et "il va cogner plus fort; pas sûr que Bertrand fasse le poids".

Une autre source gouvernementale juge toutefois que "ça semble un peu gros. Aurait-il envie de mener le combat? Oui sûrement. Envie de siéger au conseil régional? Bof".

Dans l'opposition, Pierre-Henri Dumont, député du Pas-de-Calais, remarque auprès de l'AFP que le ministre devrait "démissionner s'il veut être candidat".

Mais l'hypothèse de le voir prendre la tête de la liste LREM "c'est de l'ordre du possible quand on voit à quel point la candidature En marche patine dans les Hauts-de-France". C'est "la preuve de l'affolement d'En marche".

Reste qu'après l'épisode de l'alliance LR/LREM en Provence-Alpes-Côte d'Azur, et alors que l'ex-LR Xavier Bertrand est aussi en lice pour la présidentielle, "pas question d'alliance" souligne M. Dumont. 

Xavier Bertrand est "très clair: même liste même projet aux premier et deuxième tours, pas de fusion", insiste-t-il, jugeant que même avec le poids lourd gouvernemental, LREM échouerait à se maintenir au second tour. 

Selon deux sondages cette semaine de BVA et Ipsos, l'actuel patron de la région devancerait légèrement son rival RN Sébastien Chenu au premier tour et l'emporterait largement en cas de triangulaire avec la gauche. Mais il serait talonné par le RN en cas de quadrangulaire. 

Une entrée dans la bataille du ministre de la Justice signifierait que "LREM a décidé de sortir l'artillerie lourde face au RN", considérant "que nous sommes proches de gagner" la région, juge Sébastien Chenu.

Et ce avec une personnalité "obsédée par le combat contre nous (...) de façon irrationnelle", relève-t-il, estimant que les Hauts-de-France "n'ont rien à attendre" d'un "ministre laxiste qui se définit comme l'avocat des taulards". 

"Emmanuel Macron cherche à déstabiliser tout l'échiquier politique, que ce soit Xavier Bertrand ou le RN", interprète-t-il. 

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