Régionales : "Ces résultats sont une déception pour la majorité présidentielle", reconnaît Stanislas Guerini

Régionales : "Ces résultats sont une déception pour la majorité présidentielle", reconnaît Stanislas Guerini
Le délégué général de LREM, Stanislas Guerini, en octobre 2020.

publié le dimanche 27 juin 2021 à 22h35

Allié de la majorité, François Bayrou a estimé dimanche soir que les résultats du scrutin étaient "un coup de semonce" pour "la démocratie" et "la majorité".

"Ces résultats sont une déception pour la majorité présidentielle", a reconnu sur BFMTV le délégué général de LREM, Stanislas Guerini, au soir du second tour des élections régionales, dimanche 27 juin. Alors qu'ils présentaient des candidats dans treize régions pour le premier tour, la majorité présidentielle et ses alliés ont été éliminés dans trois d'entre elles d'entrée de jeu. Lors du second tour, les candidats encore au lice ont enregistré des scores relativement bas, loin derrière LR, la gauche et les écologistes et le RN.



L'ancien ministre François de Rugy a ainsi réuni à pleine plus de 8% des voix dans les Pays de la Loire, quand la ministre Brigitte Klinkert en a enregistré moins de 13% dans le Grand Est.

En Nouvelle-Aquitaine, Geneviève Darrieussecq (MoDem) a recueilli 13,2% des suffrages. En Centre-Val-de-Loire, Marc Fesneau (MoDem également), pourtant présenté comme favori il y a quelques semaines, a réuni 16,1% des voix. 

En Bourgogne-Franche-Comté, Denis Thuriot (environ 9,5%) recueille moins de suffrages qu'au premier tour et pâtit d'un vote utile dans une région où le RN était présenté comme menaçant. En Île-de-France, Laurent Saint-Martin essuie également un revers (9 à 10,5%), alors que Manuel Valls ou l'ancien président de la région Jean-Paul Huchon avaient appelé à voter pour Valérie Pécresse, cette fois pour éviter, selon eux, le péril de "l'extrême gauche".

Pour François Bayrou, le président du MoDem, ces résultats sont "un coup de semonce" pour "la démocratie" et "la majorité". Il recommande à l'exécutif de ne pas "passer par-dessus l'élection et recommencer comme c'était avant". "Le coup de semonce que les Français ont adressé s'adresse aussi à ceux qui sont aux responsabilités, parce que les Français n'ont probablement pas perçu le cap qu'ils avaient reconnus au moment de l'élection du président de la République", a-t-il analysé sur LCI.

"Il nous reste beaucoup de pain sur la planche", a commenté dimanche soir Stanislas Guerini. Dans ce contexte, le patron de La République en marche s'est tout de même "réjoui" de voir que le Rassemblement national n'avait remporté aucune région. Il a d'ailleurs salué "un rôle responsable de la majorité présidentielle", dans l'échec du RN. 

Les grandes manœuvres doivent désormais commencer au sein du parti présidentiel, dont l'incapacité à s'implanter dans les territoires, tant aux municipales de l'année dernière qu'aux départementales et régionales de dimanche, pose question. Courant juillet, LREM doit renouveler son bureau exécutif par un scrutin de liste où sortants, "branche droite" et "branche gauche" de la macronie devraient s'affronter. Mais c'est surtout Stanislas Guerini qui est plus que jamais dans le collimateur de certains marcheurs, coupable à leurs yeux de ne pas avoir su faire prospérer politiquement la machine à gagner de 2017.

Au-delà, le seul dispositif de La République en marche apparaît bien faible pour mener la campagne de réélection du chef de l'Etat, même si ce dernier peut se vanter d'intentions de vote flatteuses dans les sondages. "Les partis politiques sont si affaiblis que c'est sur la base d'une adhésion à un seul homme que la dynamique présidentielle se construit", relativise auprès de l'AFP la politologue associée à la fondation Jean-Jaurès, Chloé Morin, qui note toutefois qu'"un parti affaibli, ce sont des problèmes logistiques en plus". D'autant que, comme le souligne la majorité présidentielle, la plateforme pour porter la candidature du président de la République sera "forcément plus large" que le seul parti.

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