Réformes : les députés épuisés par le rythme des débats

Réformes : les députés épuisés par le rythme des débats
L'assemblée nationale, à Paris, le 29 mai 2018.

, publié le jeudi 31 mai 2018 à 13h23

"On a prévenu pendant la campagne que ça allait bouger", a justifié un député La République en Marche (LREM).

Volonté de réformer en profondeur le pays, ou désir d'étouffer le débat démocratique ? Alors que les textes à examiner se multiplient à l'Assemblée nationale, certains députés commencent à tirer la langue face au rythme "stakhanoviste" imposé par le gouvernement, rapporte Europe 1 jeudi 31 mai.

Les députés ont travaillé tout le week end, souvent jusque tard dans la nuit, notamment sur le projet agriculture et alimentation. Et les choses ne vont pas s'arranger, alors que le projet de loi Elan sur le logement est d'ores et déjà arrivé au Parlement.

Résultat : les députés sont épuisés. Sans compter qu'ils sont plusieurs à penser que la qualité des débats et des textes adoptés en pâtit. Pourtant, pas question de se plaindre pour le député LREM de l'Isère, Olivier Véran, qui rappelle la volonté du gouvernement de réformer. "J'ai siégé neuf fois jusqu'à une heure du matin ces onze derniers jours, confie-t-il à Europe 1. On est là pour ça. On a prévenu pendant la campagne que ça allait bouger."


Mais sa position n'est pas partagée, du côté de l'opposition. "On a un gouvernement qui, à l'évidence, multiplie les fronts et cherche à créer un effet de saturation qui permet à la majorité de passer en force, sans avoir à souffrir le contrôle de l'opposition, ni des Français eux-mêmes. Tout va tellement vite que personne ne sait ce qu'il se passe ici", dénonce le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure.

"Ce qui me désole, ce n'est pas la fatigue, puisque l'on est payé pour ça, déplore quant à lui le non-inscrit Olivier Falorni. Mais on travaille mal. On crée des lois qui, demain, s'avéreront inefficaces ou inapplicables."

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