Réforme des retraites : Marlène Schiappa répond à François Bayrou

Réforme des retraites : Marlène Schiappa répond à François Bayrou
Marlène Schiappa, secrétaire d’État chargé de l'Économie sociale et solidaire et de la Vie associative, le 31 août 2022 à Paris

publié le dimanche 18 septembre 2022 à 09h54

Marlène Schiappa a rappelé au micro de Franceinfo dimanche 18 septembre qu'à ce stade, une réforme des retraites via un amendement dans la loi de financement de la Sécurité sociale n'était pas actée. 

Faut-il y voir une fissure dans la majorité, déjà fragilisée par une majorité relative à l'Assemblée nationale ? Le patron du MoDem François Bayrou a mis en garde l'exécutif samedi dans Le Parisien contre tout "passage en force" en matière de réforme des retraites, estimant qu'elle ne pouvait "se faire au détour d’un amendement" dans le budget voté à l'automne.



"Je suis opposé au passage en force. Si on se lance dans cette voie-là, alors nous sommes certains de coaliser d’abord les oppositions entre elles, puis de diviser la société française", a averti l'allié du président Emmanuel Macron, en appelant à prendre "le temps de la pédagogie".

"Quelques mois devraient suffire pour qu’on arrive à une solution", a-t-il estimé. "Le président de la République a dit qu’il veut la réforme pour l’été 2023 ? Avec cette méthode, avec un travail préalable en commun, j’ai la conviction qu’elle peut être adoptée dès l’été 2023", a-t-il insisté.

Marlène Schiappa, secrétaire d’État chargé de l'Économie sociale et solidaire et de la Vie associative, invitée de Franceinfo dimanche 18 septembre, préfère insister sur la cohésion de la majorité concernant a nécessité de réformer le système de retraites. François Bayrou "dit à quel point il partage avec la majorité la nécessité de faire cette réforme et rappelle qu'elle étant dans le programme du président de la République et des parlementaires. Il est tout à fait aligné, à la fois sur la nécessité et sur le besoin de protéger les plus fragiles". 

Coup d'accélérateur

Depuis quelques jours, Emmanuel Macron a redonné un coup d'accélérateur à la réforme des retraites, qui avait été interrompue par le Covid lors du premier quinquennat. C'"est une réforme qui s'impose" car il est nécessaire de "travailler plus longtemps dans une nation où on vit plus vieux et on rentre plus tard en moyenne dans la vie active", a notamment répété jeudi le chef de l'Etat.

L'exécutif a fait savoir qu'une réforme pourrait intervenir y compris via le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) présenté le 26 septembre en Conseil des ministres et examiné ensuite au Parlement.

Une piste que ne semble pas approuver François Bayrou. "Il n'y a eu d'annonces disant qu'il s'agirait d'un amendement dans le projet de loi de la Sécurité sociale", a toutefois rassuré Marlène Schiappa. Il s'agit toutefois d'une possibilité. "A ce stade, il y a des pistes et toutes les portes sont ouvertes. On ne peut pas abandonner des pistes avant même d'avoir commencer les consultations", souligne la secrétaire d'Etat. "Il faudra voir quels sont les délais nécessaires. J'ai toute confiance envers le ministre du Travail pour mener ce dialogue", avec les partenaires sociaux, a-t-elle ajouté. 

"Un vrai risque" de motion de censure

Toutefois, l'idée braque les oppositions et divise y compris au sein de la majorité, à l'heure où Emmanuel Macron a lancé son "Conseil national de la refondation" qui doit faire la part belle à une concertation approfondie avec les forces politiques, syndicats et associations. "Le passage en force, c’est le contraire de l’esprit du CNR qui réclame d'examiner les problèmes ensemble", a souligné François Bayrou, nommé à la tête du CNR. 

Une réforme rapide, "je crois que cela créerait effectivement un mauvais climat et donnerait raison à tous ceux qui annoncent l’échec du CNR", a-t-il encore plaidé.  "C’est une réforme qui ne peut pas se faire au détour d’un amendement", a-t-il poursuivi, pointant "un vrai risque" de motion de censure. "J’ajoute que si les Français ont le sentiment que leur voix ne compte pas, on se trouvera dans un climat de tension extrême, avec des risques de blocage et d’échec rapide de la période que nous vivons", a-t-il encore prévenu.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.