Réforme des retraites : Emmanuel Macron joue l'apaisement et demande au gouvernement de "trouver la bonne manœuvre"

Réforme des retraites : Emmanuel Macron joue l'apaisement et demande au gouvernement de "trouver la bonne manœuvre"
Emmanuel Macron à Saint Nazaire le 22 septembre 2022.

publié le jeudi 22 septembre 2022 à 19h24

La méthode choisie par l'exécutif pour mener la réforme des retraites qui prévoit d'allonger la durée du travail, est particulièrement scrutée par l'opposition et les syndicats. Tous mettent en garde contre un "passage en force" par voie d'amendement.

Emmanuel Macron demande mercredi 21 septembre à son gouvernement de "trouver la bonne manœuvre" avec le parlement.

Est-ce un signe d'apaisement alors que l'ensemble des syndicats promettent un automne noir si le gouvernement impose une nouvelle réforme des retraites dès cette année ? Dans un entretien à BFMTV réalisé dans la nuit de mercredi 21 septembre, Emmanuel Macron demande à son gouvernement de "trouver la bonne manœuvre" avec le parlement, pour que la réforme se fasse "de la manière la plus apaisée possible".


"Ils verront comment cela doit cheminer", a expliqué le chef de l'Etat, assurant ne pas vouloir "préempter" le contenu d'une réforme qui correspond à "un engagement de campagne".

Les oppositions à l'Assemblée, ainsi qu'une partie de la majorité, se sont prononcées ces derniers jours contre le dépôt d'un amendement sur ce sujet dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), dans lequel elles voient "un passage en force", surtout s'il s'accompagne d'un recours au 49.3 pour le faire adopter.

A la sortie jeudi 22 septembre de son rendez-vous à Matignon avec Elisabeth Borne, Marine Le Pen a brandi la menace d'une motion de censure. "Je lui ai clairement dit que s'ils entendaient faire passer la réforme des retraites par l'intermédiaire d'un amendement au projet de loi de finance de la Sécurité sociale, et en utilisant le 49.3, alors nous déposerions une motion de censure et nous voterions les motions de censure qui seraient déposées, quelle que soit leur origine", a déclaré l'ancienne candidate à la présidentielle.

Mardi 20 septembre, la présidente du groupe LFI à l'Assemblée Mathilde Panot avait averti que son groupe déposerait une motion de censure en cas d'utilisation du 49.3 pour faire passer un amendement retraite dans le PLFSS. 

Chez les Républicains, pourtant favorables sur le fond à la réforme des retraites, les réticences se font jour. "Un amendement tombé du haut sur le PLFSS, c’est inacceptable", a critiqué sur France Inter le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau. Le président (LR) du Sénat Gérard Larcher déplore lui les tergiversations d'un gouvernement "plutôt confus".

13% des sondés favorables à une réforme "en urgence"

Même au sein de la majorité, certains expriment des doutes sur la méthode. Jeudi 22 septembre, une autre personnalité importante, la présidente (Renaissance) de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet a prévenu. "Les amendements du gouvernement ne doivent pas porter en eux-mêmes une réforme substantielle", a-t-elle déclaré sur franceinfo, appelant à "prendre le temps de la concertation avec les groupes politiques et avec les partenaires sociaux (...) pour une réforme globale qui doit paraître équitable à nos concitoyens".

Le Comité de suivi des retraites a demandé jeudi 22 septembre dans un avis de "trouver une réponse" au risque de déficits "significatifs" dans un avenir proche, sans toutefois prendre parti pour une mesure d'âge.

Selon un sondage Elabe pour BFMTV, diffusé jeudi, seules 13% des personnes interrogées se disent favorables à une réforme des retraites "en urgence", contre 51% qui demandent "le temps de la concertation et du débat" et 36% qui ne l'estiment pas nécessaire. Ils ne sont que 21% à vouloir augmenter l'âge de départ à la retraite contre 46% pour le maintien à 62 ans et 33% pour son abaissement.  
 

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