Réforme des retraites : les régimes spéciaux coûtent "chaque année 8 milliards d'euros à l'État", assure Gérald Darmanin

Réforme des retraites : les régimes spéciaux coûtent "chaque année 8 milliards d'euros à l'État", assure Gérald Darmanin
Gérald Darmanin le 15 novembre 2019 à Paris.
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, publié le dimanche 01 décembre 2019 à 09h34

Le ministre de l'Action et des Comptes publics a défendu dans un entretien au Journal du Dimanche la réforme des retraites menée par le gouvernement, à l'approche d'une journée de grève qui s'annonce très suivie. 

"L'État verse chaque année 8 milliards d'euros, sur nos impôts" pour rééquilibrer les régimes spéciaux. "Ils ont eu sans doute leur intérêt dans le passé mais ils ne se justifient plus", a déclaré le ministre de l'Action et des Comptes publics Gérald Darmanin, dans une interview au Journal du Dimanche publiée dimanche 1er décembre. Et de citer des exemples : "Prenez la RATP : 49.000 salariés cotisent pour 42.000 retraités ; l'État doit donc verser 750 millions d'euros par an pour équilibrer le système.

Pour la SNCF, c'est plus de 3 milliards d'euros". 



Selon le ministre, la disparition des régimes spéciaux permettra de "financer les mesure d'égalité sociale que prévoit notre réforme". Les différents régimes de retraite (du privé, des fonctionnaires, spéciaux...), au nombre de 42, doivent, selon le projet du gouvernement, se fondre dans un système universel à points et une retraite calculée sur l'ensemble de la carrière.

Avec cette réforme des retraites, le gouvernement prévoit notamment de "porter le minimum retraite à 1.000 euros par mois, pour tous ceux qui ont une carrière complète et corriger l'illégalité qui fait que les retraites des femmes sont inférieures de 40 % en moyenne à celle des hommes". 


"On emprunte pour payer les pensions de retraite", note Gérald Darmanin. "Ceux qui ne veulent rien changer mentent aux Français. Au mieux, ils vont faire payer à nos enfants leur manque de courage, au pire, ils préparent la baisse des pensions ou des augmentations d'impôts pour payer ces dettes", a ajouté le ministre.

Il assure "que la réforme par points garantit pour les retraités d'aujourd'hui et de demain une pension qui ne baissera pas". Alors que ce système par point créé la suspicion - la baisse de la valeur du point certaines années pour assurer l'équilibre du système par exemple -, Gérald Darmanin veut rassurer : "baisser le point, ce serait baisser les pensions. Nous ne le ferons pas et nous apporterons des garanties dans ce sens". 

"Le Premier ministre a dit que sa porte était ouverte"

"Si l'objectif de la grève est de nous faire renoncer à la réforme, ce sera difficile de trouver un compromis", avertit-il. En revanche, "s'il s'agit de préciser certains points, d'intégrer des revendications légitimes ou de mettre en place des calendriers de transition adaptés, le Premier ministre a dit que sa porte était ouverte", rappelle Gérald Darmanin, soulignant que "toutes les réformes des retraites ont suscité de fortes contestations". Tout en prévoyant "des difficultés dans les jours et les semaines qui viennent", il appelle à ce que "les manifestations aient lieu dans le plus grand calme" et à ce que "tous les syndicats et tous les partis condamnent toute forme de violence".

Interrogé sur la relance d'un service minimum dans les transports, le ministre se dit "attaché au droit de grève". "Je ne vois pas l'utilité de lancer des provocations, comme le font quelques sénateurs, à la veille d'un grand mouvement social", poursuit-il. "Cela dit, je ne voudrais pas non plus d'une prise en otage des usagers pendant plusieurs semaines qui empêcherait de produire, de créer, de vivre".

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