Réforme des retraites : "le gouvernement continue de penser que l'âge pivot est une mesure juste et efficace", assure Gérald Darmanin

Réforme des retraites : "le gouvernement continue de penser que l'âge pivot est une mesure juste et efficace", assure Gérald Darmanin
Le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, le 11 décembre 2019 à Paris.

, publié le jeudi 09 janvier 2020 à 19h00

Le ministre des Comptes publics a également estimé qu'"un compromis rapide et satisfaisant pour tous est possible", mais que "chacun doit faire un pas : gouvernement et syndicats".

Alors que se tenait la 4e journée de manifestations contre la réforme des retraites, le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin a affirmé jeudi 9 décembre que "le gouvernement continue de penser que l'âge pivot est une mesure juste et efficace". De son côté, le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger a réaffirmé son opposition ferme à une mesure qu'il estime "injuste"


"Ce qui est sûr, c'est qu'on doit travailler un peu plus longtemps, parce que notre espérance de vie augmente et parce que c'est ce qu'ont fait tous les pays autour de nous.

Je crois que les Français y sont prêts, même si ce n'est pas toujours de gaieté de cœur", a déclaré le ministre dans un entretien au Figaro. "L'essentiel est de définir des mesures qui assurent l'équilibre d'un système nouveau et solidaire, ainsi que son financement dans l'avenir", a continué Gérald Darmanin. "Le Premier ministre a toujours dit qu'il était ouvert à un 'cocktail de propositions'", a poursuivi le ministre.

Le sujet de l'instauration d'un âge pivot de départ, au-delà duquel un malus serait appliqué sur les pensions, continue de bloquer les négociations entre partenaires sociaux et gouvernement. Laurent Berger a d'ailleurs affirmé jeudi que "la question de l'équilibre ne nous désintéresse pas, mais on ne peut pas la traiter par une mesure aussi injuste que cet âge pivot. Si l'âge pivot reste dans la loi, pour la CFDT, c'est non, c'est clair". 

À la veille de la réunion de préparation de la conférence de financement sur la réforme des retraites, qui réunit le gouvernement et les partenaires sociaux, le ministre des Comptes publics a estimé qu'"un compromis rapide et satisfaisant pour tous est possible". "En acceptant la proposition de Laurent Berger d'une conférence de financement et en ne cantonnant pas les discussions à la seule question de l'âge pivot, le Premier ministre montre l'importance considérable qu'il accorde au dialogue social", a-t-il ajouté, estimant que "chacun doit faire un pas : gouvernement et syndicats".


Concernant le calendrier de la conférence de financement, Gérald Darmanin affirme que l'exécutif "est prêt à donner du temps" à cette conférence, mais souligne que la faire durer jusqu'en juillet, comme le souhaite le syndicat, "ne serait pas compatible avec le calendrier législatif". "Il est tout à fait possible de mener l'examen du texte et la conférence de financement en parallèle", a-t-il poursuivi. "Ce qui est important, c'est que les conclusions de la conférence de financement puissent être intégrées dans le projet de loi avant son vote définitif", a-t-il expliqué. 

Le ministre a également affirmé que "la réforme ne coûte pas plus cher que prévu. Les retraites représenteront toujours 14% du PIB". Il estime que les concessions accordées par le gouvernement sont compensés par les économies réalisées avec la suppression des régimes spéciaux. "La réforme des retraites n'est pas destinée à faire des économies sur le dos des Français", argue-t-il. 
 

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