Réforme des retraites : "Là, on a d'autres priorités", estime Emmanuel Macron

Réforme des retraites : "Là, on a d'autres priorités", estime Emmanuel Macron©NICOLAS TUCAT / POOL / AFP

publié le vendredi 10 septembre 2021 à 20h43

"On va faire ça quand on tombera les masques, si je puis dire", a ajouté Emmanuel Macron lors de sa visite d'une foire agricole en Provence ce vendredi 10 septembre.

Entre l'épidémie du Covid et la relance économique à mener, "on a d'autres priorités" que la réforme des retraites. C'est ce qu'a répondu le président de la République à une agricultrice lors de sa visite d'une foire agricole en Provence ce vendredi 10 septembre, confirmant le choix de l'exécutif de reporter cette réforme.



"Il faudra de toutes façons qu'on bouge.

Après, il ne faut pas le faire tout de suite", a-t-il dit, lors d'un bain de foule à la foire "Terres de Jim" à Corbières-en-Provence.

"Il faudra le faire en écoutant tout le monde. Et puis là, on a d'autres priorités, quand même", a-t-il estimé, ajoutant : "On va faire ça quand on tombera les masques, si je puis dire".

Trouver "le bon système"

"Ne vous faites pas de la bile avec tout ça", a-t-il insisté, "il faut qu'on soit intelligent collectivement" pour "trouver le bon système pour sauver nos retraites."

"Si on se dit les choses en vérité, on vit de plus en plus longtemps, on étudie de plus en plus longtemps. Et qui est-ce qui finance les retraites ? C'est les gens qui travaillent. Comment on va faire pour avoir les même retraites ?", a-t-il insisté.

"Il faut trouver le bon système pour garder les retraites" mais "pas demander des choses impossibles aux gens qui travaillent", a-t-il conclu.

Les conditions "à ce jour toujours pas réunies"

Le Premier ministre Jean Castex avait déclaré dès mercredi, à l'issue d'un séminaire gouvernemental présidé par Emmanuel Macron, que les conditions pour relancer la réforme des retraites - pandémie sous contrôle et reprise économique solide - n'étaient "à ce jour toujours pas réunies".

Même si cette réforme "est une nécessité absolue" pour rétablir l'équilibre du système, "nous avons l'impérieux devoir de favoriser au maximum l'unité du pays", avait-il ajouté, en allusion à l'opposition des syndicats et aux réticences sur cette réforme jusque dans les rangs de la majorité, à quelques mois de la présidentielle 2022.

"Le processus (...) ne pourra reprendre que lorsque la pandémie sera sous contrôle et que la reprise économique sera suffisamment solide, c'est une question de bon sens, c'est un préalable à la réussite de cette réforme très importante", a ajouté Jean Castex.

Une réforme stoppée net par la pandémie

L'hypothèse d'une relance de la réforme des retraites avait resurgi lundi à travers un article du journal Les Echos selon lequel Emmanuel Macron aurait l'intention de "supprimer les régimes spéciaux de retraite et instaurer le minimum de pension à 1.000 euros" avant la fin de son mandat.

Hautement inflammable, la réforme des retraites, qui avait donné lieu à une forte mobilisation fin 2019 et un long conflit social, avait été stoppée net par le Covid-19 en mars 2020. Depuis, les rumeurs sur d'éventuelles mesures avant la présidentielle de 2022 resurgissent régulièrement, alimentées par le chef de l'Etat lui-même.

Il avait laissé planer le doute en juillet sur le lancement de la réforme avant la présidentielle de 2022 en indiquant qu'elle serait "engagée dès que les conditions sanitaires seraient réunies" et en demandant au gouvernement de "travailler avec les partenaires sociaux sur ce sujet à la rentrée".

Les syndicats, qui ont été reçus la semaine dernière à Matignon, ont tous dit non à une nouvelle concertation sur les retraites avant la présidentielle.

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