Réforme des retraites : "Je ne dis pas que le système est parfait", reconnaît Élisabeth Borne

Réforme des retraites : "Je ne dis pas que le système est parfait", reconnaît Élisabeth Borne
Elisabeth Borne à l'Elysée le 23 janvier 2023

publié le lundi 23 janvier 2023 à 18h48

Alors qu'Emmanuel Macron et son gouvernement ont martelé lundi 23 janvier leur "détermination" à aller jusqu'au bout sans "renoncer" au report de l'âge de départ à à la retraite à 64 ans, le ton a été plus conciliant quelques heures plus tard du côté de la Première ministre. "Je ne dis pas que le système est parfait", a déclaré la Première ministre lors de ses vœux à la presse.

Une réforme des retraites qui a déclenché une mobilisation massive jeudi 19 janvier.

Ses opposants entendent encore amplifier le mouvement à travers des grèves, des manifestations. "Je ne doute pas que, dans la discussion parlementaire, on pourra peut-être cibler des situations qui nous auraient échappées", a concédé Elisabeth Borne. Mais pour limiter la durée des débats au Parlement, la réforme des retraites passera par un projet de budget de la Sécurité sociale rectificatif.


La Première ministre s'est exprimée sur le projet de réforme des retraites de son gouvernement et de ses éventuelles évolutions au cours des débats au Parlement, quelques heures après son adoption en Conseil des ministres lundi 23 janvier. Elisabeth Borne a estimé qu'il était "parfaitement naturel" que les parlementaires des oppositions "posent des questions" et la "majorité unie" aura "l'occasion de discuter avec eux".

Une réforme présentée avec le budget de la Sécurité sociale rectificatif

Après les manifestations de jeudi qui ont réuni entre 1 et 2 millions de personnes, la cheffe du gouvernement a déclaré qu'elle "n'ignorait pas le mouvement social" mais que sa "responsabilité c'est de trouver un chemin, d'entendre les Français, d'expliquer et de convaincre".

La locataire de Matignon a estimé que les Français ne "se préoccupent (pas) de savoir" si la réforme des retraites passe par un projet de budget de la Sécurité sociale rectificatif, véhicule législatif critiqué par les oppositions, et a assuré que le texte serait conforme à la Constitution.

"Les mesures" de la réforme "relèvent d’un PLFSS, et donc on a retenu ce véhicule aussi parce que c’est le véhicule naturel", a-t-elle expliqué. "C'est aussi un type de projet de loi qui est soumis par la Constitution à un certain nombre de règles qui peuvent permettre de lever les obstructions, les blocages", a-t-elle ajouté alors que le groupe Insoumis avait soulevé la possibilité de présenter des milliers d'amendements.

L'exécutif a opté pour cet outil contesté en car il permet de limiter la durée des débats au Parlement, voire de faire passer la réforme par ordonnance au bout de 50 jours faute d'adoption. Le gouvernement pourra avoir recours au 49.3 autant de fois qu'il le souhaite.

Sur le report de l'âge de départ à 64 ans, la Première ministre a partagé ses doutes "qu’émerge dans le débat parlementaire une autre limite qui pourrait assurer l’équilibre (du système) en 2030".

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