Réforme des retraites : des élus centristes demandent l'organisation d'une "grande conférence sociale"

Réforme des retraites : des élus centristes demandent l'organisation d'une "grande conférence sociale"
Patrick Mignola, le président du groupe MoDem, à l'Assemblée nationale en février 2018.

, publié le lundi 18 novembre 2019 à 12h45

Ces parlementaires souhaitent que cette conférence sociale soit organisée avant la grève interprofessionnelle du 5 décembre. Objectif  : répondre aux souffrances des Français, réduire les "inégalités" et éviter une convergence des luttes.

Contre la réforme des retraites, voulue par le gouvernement, un appel à la grève illimitée a été lancé par plusieurs syndicats pour le 5 décembre.

Dans une tribune publiée dimanche 17 novembre dans Le Parisien, Patrick Mignola, le président du groupe MoDem à l'Assemblée nationale, Hervé Marseille, le président du groupe Union Centriste au Sénat et Jean-Christophe Lagarde, le président du groupe UDI-Agir à l'Assemblée, ont appelé le gouvernement à organiser une "grande conférence sociale" rassemblant "les forces vives et en particulier les représentations patronale et syndicale" pour répondre aux souffrances des Français. 

Malgré les mesures prises par le gouvernement, "les Français souffrent toujours et peinent à croire en un espoir collectif", soulignent les élus centristes. "Le travail doit mieux payer", poursuivent les élus. "Le gouvernement a augmenté le pouvoir d'achat en allégeant la feuille d'impôt, les entreprises et les syndicats doivent s'accorder pour augmenter la feuille de paie", estiment les élus.

"Car il s'agit bien sûr d'argent pour vivre mieux et pouvoir participer au grand défi de la transition écologique : manger mieux, se déplacer mieux, habiter mieux, nécessite d'être mieux payé", expliquent-ils. "Nous devons bâtir ensemble un élan national, qui réconcilie les Français autour de la lutte contre les inégalités", concluent-ils.

Les partenaires sociaux doivent d'ores et déjà être reçus par Édouard Philippe la semaine du 25 novembre sur le projet de réforme des retraites. Les syndicats représentatifs de la SNCF sont invités à une réunion jeudi avec le haut-commissaire aux Retraites Jean-Paul Delevoye et le secrétaire d'État aux Transports Jean-Baptiste Djebbari.



Vers une convergence des conflits ?

Dimanche, au lendemain d'un premier anniversaire du mouvement des "gilets jaunes", émaillé de violences à Paris, Édouard Philippe a assuré que la "volonté" de l'exécutif de "transformer" la France était "intacte", faisant valoir que si le pays restait "immobile" il serait "dans une situation dangereuse". Même si sur la réforme des retraites, il a dit respecter et "prendre au sérieux" une "certaine forme de scepticisme", voire de "résistance".

De son côté, la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye a rejeté l'hypothèse d'une "coagulation" des conflits. Une "martingale", selon elle destinée à "alimenter le désordre". Elle a aussi déploré que le mouvement des "gilets jaunes" soit depuis plusieurs mois "gangrené" par l'ultragauche violente.

Au contraire, le chef de la France insoumise (LFI) Jean-Luc Mélenchon compte sur une convergence des mécontentements, entre ceux qui défileront le jeudi 5 décembre et les "gilets jaunes" qui manifesteront deux jours plus tard. "J'espère que ceux qui auront été dans la lutte le 5 viendront aussi le samedi, dans la rue", a lancé l'élu sur France 3. Il s'agit pour lui de mettre la pression sur Emmanuel Macron chez qui, selon le député, "seul le rapport de force arrive jusqu'à son cerveau".

L'eurodéputé LR François-Xavier Bellamy a jugé pour sa part "possible que les colères se rejoignent" mais sans le souhaiter. Pour lui, les "gilets jaunes" sont "le symptôme du fait qu'aujourd'hui beaucoup de Français ont le sentiment que pour être entendus il faut passer par l'attention, la confrontation, et parfois par la violence". 
 

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