Réforme des retraites : Darmanin s'étonne de la grève à la RATP alors que "le projet de loi n'est pas encore présenté"

Réforme des retraites : Darmanin s'étonne de la grève à la RATP alors que "le projet de loi n'est pas encore présenté"
Le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin à l'Élysée, le 11 septembre 2019.

, publié le vendredi 13 septembre 2019 à 12h00

Le ministre des Comptes publics a rappelé qu'une concertation de plusieurs mois était prévue avant l'adoption du projet de loi, prévue d'ici à l'été prochain.

La grève à la RATP, première offensive syndicale contre la réforme des retraites, est très suivie ce vendredi 13 septembre, avec dix lignes de métro fermées, très peu de RER et un bus sur trois en moyenne. Le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin s'est étonné de cette grève alors que le projet de loi réformant les retraites n'a pas encore été présenté et qu'une phase de concertation doit commencer.

"Ce qui est un peu étonnant dans la grève de ce (vendredi) matin, c'est que le projet de loi n'est pas encore présenté.

On n'a même pas encore commencé à discuter, qu'une partie, et une partie seulement dit 'non'", a déclaré Gérald Darmanin sur Europe 1. Il a par ailleurs relevé les différences de situation entre les agents de la RATP et les autres fonctionnaires. "Quand on voit que les agents de la RATP partent en moyenne en retraite à 56 ans alors qu'un fonctionnaire civil part en moyenne à 61 ans, les Français ont le droit de se dire 'pourquoi il y a un tel régime spécial ?'", a-t-il estimé.


Selon le ministre, la réforme des retraites est "extrêmement importante" et "extrêmement difficile" car elle "touche tous les citoyens", même si "tous ceux qui sont en retraite aujourd'hui ou qui sont nés avant 1963 ne sont pas concernés". Gérald Darmanin a défendu la réforme, arguant que "ce que propose le président de la République, c'est un système nouveau et universel qui gomme toutes les difficultés et les disparités entre les citoyens". 


"Quand on touche au système de retraites de manière générale, il vaut mieux être prudent et concerté", a défendu M. Darmanin, estimant que le gouvernement faisait preuve de "détermination" et de "souplesse". "Je pense que c'est comme ça qu'on dirige un pays, et un pays parfois aussi éruptif, compliqué, politique que la France", a-t-il ajouté. 

À ceux qui dénoncent la volonté du gouvernement de faire des économies grâce à cette réforme, le ministre a assuré qu'"il ne s'agit pas d'une réforme budgétaire". "Si les retraites nous coûtent globalement 320 milliards d'euros (par an), demain ce sera le même montant qui sera consacré aux retraites", a-t-il insisté, précisant qu'il y avait "des économies ailleurs", évoquant l'assurance-chômage ou les niches fiscales.


Après la longue mission déjà réalisée par Jean-Paul Delevoye sur ce dossier, le gouvernement a prévu une nouvelle concertation de plusieurs mois jusqu'à l'adoption du projet de loi d'ici à l'été prochain, a annoncé jeudi le Premier ministre Édouard Philippe.

"Il faut dire la vérité aux Français", a insisté jeudi le Premier ministre. "Compte tenu de la réalité démographique, nous allons travailler un peu plus longtemps que ce soit avec la durée de cotisation ou l'âge pivot", a-t-il expliqué.
 

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