Réforme des retraites : ce qu'il faut retenir de la présentation d'Edouard Philippe

Réforme des retraites : ce qu'il faut retenir de la présentation d'Edouard Philippe
Edouard Philippe, le 11 décembre 2019, à Paris

, publié le mercredi 11 décembre 2019 à 14h30

Le Premier ministre a dévoilé le plan du gouvernement, ce mercredi 11 décembre, au Conseil économique, social et environnemental.

Sa prise de parole était attendue. Edouard Philippe a livré les détails de la réforme des retraites telle que l'envisage le gouvernement.

"Nous proposons un nouveau pacte entre les générations", a lancé le Premier ministre ce mercredi 11 novembre, vantant un "nouveau système qui reste fidèle aux valeurs fondatrices". "Ce n'est pas un saut dans l'inconnu, c'est un retour aux sources", a t-il promis, ajoutant qu'il n'y aura "ni vainqueur, ni vaincu" dans un nouveau "système fondé sur les principes d'universalité, équité, et responsabilité".


► ÂGE LÉGAL INCHANGÉ, INSTAURATION D'UN ÂGE D'ÉQUILIBRE A 64 ANS

"Nous maintiendrons l'âge légal à 62 ans", dit Edouard Philippe, faisant valoir un  "principe de liberté en laissant à chacun la possibilité si son parcours de vie lui permet". "Les Français reprendront confiance en nous si nous leur disons la vérité qu'ils connaissent déjà : la seule solution c'est de travailler progressivement un peu plus longtemps". Le projet reprend une proposition de Jean-Paul Delevoye, instaurant au dessus de l'age légal un âge d'équilibre avec un système de bonus malus. Un rapport "préconisait 64 ans en 2025 pour atteindre l'équilibre", mais selon le Premier ministre il n'y aura "pas d'âge d'équilibre à 64 ans d'un coup d'un seul en 2025". Le calendrier sera "décalé jusqu'à 2027", indique t-il, précisant que les responsables de la nouvelle gouvernance, confiée aux partenaires sociaux, auront à "définir ce bonus malus sous le contrôle du Parlement". Ces dispositions seront mises en oeuvre dès le 1er janvier 2022.


SUPPRESSION DES RÉGIMES SPÉCIAUX

"La mise en place d'un système universel implique la suppression des 42 régimes existants dont les régimes spéciaux". "Nous mettrons fin aux régimes spéciaux progressivement, dans le respect des parcours individuels".

► RETRAITE MINIMUM GARANTIE A 1000€ ET "85% DU SMIC DANS LA DURÉE"
"Nous garantirons un pension minimale de 1000 euros net par mois pour une carrière complète au Smic". Le chef du gouvernement présente cette mesure comme "une conquête", notamment pour les agriculteurs, artisans et commerçants. 

► LES GÉNÉRATIONS D'AVANT 1975 "PAS CONCERNÉES"

Dans son objectif de "respecter les projets de vie de chacun", Edouard Philippe dit vouloir considérer la proximité de l'âge de la retraite. "Ceux qui entreront pour la première fois sur le marché du travail en 2022 intégreront directement le nouveau système. La génération 2004 sera la première à intégrer le système universel de retraites".

La réforme ne va "rien changer pour les personnes à moins de 17 ans de leur retraite". Les Français nés avant 1975 "ne seront pas concernés" (pour le régime général). Quant aux personnes qui rejoignent le nouveau régime, "seules les années travaillées après 2025 seront régies par le nouveau système". "Beaucoup qui verront les avantages du nouveau système trouveront que ça ne va pas assez vite", avance t-il.

► NIVEAU DE PENSIONS "SANCTUARISÉ" POUR LES ENSEIGNANTS

"Il serait inacceptable que les enseignants perdent le moindre euro. Cela ne se produira pas", affirme Edouard Philippe, reconnaissant qu'une "application mécanique des nouvelles règles ferait perdre une part significative de leurs pensions". Ce dernier a donné la "garantie selon laquelle le niveau des retraites des enseignants sera comparable au niveau des retraites de la fonction publique". La responsabilité est remise sur le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer, qui "réunira les syndicats pour baliser une discussion achevée à l'été 2020, qui fixera le cadre des rémunérations".

 "Réponses spécifiques" par professions : 
- Forces de sécurité : ceux exposés à des fonctions dangereuses (pompiers, militaires, gendarmes, gardiens de prison) conservent le bénéfice de la dérogation d'âge, a t-il confirmé, assurant de "niveaux de retraite comparables aux pensions actuelles".


- Professions libérales (avocats, médecins) : "Les réserves resteront dans les caisses des professionnels concernés". Ces sommes "auront vocation à accompagner la transition vers le système universel". "Pas de hold-up, pas de siphonnage", promet le Premier ministre.

LES FEMMES"GRANDES GAGNANTES" DE LA RÉFORME

Le nouveau système accordera notamment "des points supplémentaires pour chaque enfant, et ce dès le 1er enfant, et non à partir du 3e comme aujourd'hui", a-t-il expliqué, en précisant que "cette majoration de 5% par enfant sera accordée à la mère, sauf choix contraire des parents".


LE CALENDRIER

Le projet de réforme sera présenté en Conseil des ministres le 22 janvier 2020, pour être discuté au Parlement fin février.

► EGALEMENT A RETENIR : 

♦ Contribution des plus hauts revenus :
 "Jusqu'aux 120000 euros de revenus annuels, tout le monde cotisera au même taux. Au delà de ce montant, les plus riches paieront un cotisation de solidarité plus élevée qu'aujourd'hui qui financera des mesures de solidarité pour tout le monde".

Etendre et améliorer la prise en compte de la pénibilité. Possibilité pour les "métiers usants" de partir "deux années plus tôt", et abaissement du seuil du travail de nuit. La mesure s'adresse notamment aux "infirmiers et infirmières de la catégorie A, qui n'en tirent aucun droit aujourd'hui", fait-il valoir. Le Premier ministre se dit "favorable à déplafonner les droits relatifs à la pénibilité, pour se former ou effectuer la fin de sa carrière à temps partiel".

♦ Pension de réversion augmentée pour le conjoint survivant : passage à 70% des ressources du couple. Pas d'indication en revanche sur un éventuel changement de l'âge de réversion (actuellement de 55 ans).


 

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