Réforme de la SNCF : "Le plus grand danger, c'est le statu quo", selon Élisabeth Borne

Réforme de la SNCF : "Le plus grand danger, c'est le statu quo", selon Élisabeth Borne

La ministre des Transports, Élisabeth Borne, le 27 janvier 2018 à Nantes.

Orange avec AFP, publié le dimanche 18 février 2018 à 08h20

La ministre des Transports, Élisabeth Borne, a répondu ce dimanche 18 février au leader de la CGT Philippe Martinez, en estimant que "la casse du service public, c'est de laisser perdurer la situation actuelle" à la SNCF.

"Le statu quo n'est pas possible", estime Élisabeth Borne dans un entretien accordé au Journal du Dimanche (JDD). La ministre l'assure : "tous les sujets sont sur la table", à la suite de la publication jeudi d'un rapport prônant une réforme en profondeur de la compagnie ferroviaire publique.



Ce dernier, remis par l'ancien patron d'Air France Jean-Cyril Spinetta (74 ans), conseille notamment de "recentrer le transport ferroviaire sur son domaine de pertinence", c'est-à-dire les transports du quotidien autour des agglomérations et les dessertes TGV entre les principales métropoles françaises. Il appelle de ses vœux un audit des "petites lignes", qui mobilisent actuellement 16% des moyens consacrés au ferroviaire, voient passer moins de 10% des trains et transportent seulement 2% des voyageurs.



Le document préconise que les nouveaux embauchés à la SNCF ne bénéficient pas du statut des cheminots, à l'exemple de ce qui a déjà été fait pour La Poste et Orange. La SNCF devrait également pouvoir "recourir pendant deux ans à la procédure des plans de départs volontaires", pour mettre fin aux "excédents d'effectifs qu'elle gère tant bien que mal" suite à des changements d'activité et d'actions de modernisation.

La méthode et le calendrier annoncés le 26 février

Après la remise de ce rapport, la CGT a annoncé une manifestation nationale des cheminots le 22 mars, son leader Philippe Martinez évoquant une "casse" de la SNCF. "C'est exactement l'inverse. Le plus grand danger pour ce grand service public auquel nous sommes tous attachés, ce n'est pas la réforme, c'est le statu quo", a rétorqué Élisabeth Borne, évoquant près de 20% de lignes ralenties par manque d'entretien ou encore des lignes de trains de nuit fermés après une dégradation du service.



"Le statu quo n'est pas possible. C'est ma ligne rouge et celle du gouvernement", a-t-elle martelé, à la veille du début de négociations avec les syndicats de la SNCF. "Nous allons aborder des sujets très sensibles. Il y a des inquiétudes et forcément beaucoup de questions, c'est légitime. Nous allons dialoguer, y répondre", a promis la ministre. "La méthode et le calendrier seront annoncés le 26 février à Matignon", a-t-elle détaillé, en soulignant qu'"il y a urgence à agir".

Elle a enfin estimé qu'une "ouverture à la concurrence progressive et préparée est dans l'intérêt de tout le monde", alors que l'ouverture est prévue fin 2020 pour les TGV et fin 2023 pour les TER. Dans le cadre de leur transfert éventuel vers de nouveaux opérateurs, les cheminots doivent pouvoir emporter avec eux des éléments de leur statut, a indiqué Élisabeth Borne : "l'idée que les cheminots emportent avec eux un 'sac à dos social' fait consensus : cela leur permettra de rester au même endroit, d'exercer le même métier et de préserver leurs droits".

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169 commentaires - Réforme de la SNCF : "Le plus grand danger, c'est le statu quo", selon Élisabeth Borne
  • S ils veulent garder leurs priviléges qu ils remboursent les 37 milliards de dette
    Un service public qui vaut un double zéro

    cheminot retraité depuis 2011 pas encore pris le train prend ma voiture pour me déplacer espéré une gréve sans préavis comme en 86 95 27 jours de conflit

  • Quand on veux tuer son chien on dit qu'il a la rage...Et bien on laisse pourrir un système performant par une absence de politiques publiques audacieuses et raisonnées et ensuite on privatise alors qu'en Angleterre la question est à la renationalisation du rail....On revient à une époque ou les lignes étaient privées et les investissements couteux privatisés...

  • SNCF : le 15 février 2018, Jean-Cyril Spinetta remettait un rapport alarmant sur l’avenir du transport ferroviaire. Dans la foulée, Elisabeth Borne, ministre des Transports de Macron, allait affirmer que la SNCF est dans une situation alarmante. Ce faisant, aucun de nos hauts fonctionnaires gouvernementaux ne remet en cause de la gestion catastrophique du service « public », durant les quatre dernières décennies, par d’autres hauts fonctionnaires passés également par Polytechnique et/ou par l’ENA. Partant, une seule « solution » s’impose aux yeux de Spinetta (issu de Sciences Po et de l’ENA) et de Borne (issue quant à elle de Polytechnique) : la privatisation de la SNCF et la suppression du statut des cheminots.
    Autrement dit, il convient, pour le gouvernement de Macron (« autre » énarque), de sanctionner les cheminots de base qui dénoncent depuis plus de 30 ans la politique du tout TGV, laquelle concentre tous les moyens financiers du service « public » dans le développement de lignes TGV prestigieuses mais non rentables et y sacrifie l’entretien des lignes les plus fréquentées, notamment celles des banlieues. Quant aux « grands écoliers » qui ont mené cette gestion politique catastrophique qui se traduit par un endettement colossal, il ne saurait leur venir à l’esprit qu’il conviendrait plutôt de supprimer le statut des hauts fonctionnaires et la sécurité de l’emploi dont ils bénéficient, quels que soient leurs échecs et leurs erreurs dramatiques sur le plan technique et financier (ce ne sont pas seulement les comptes de la SNCF qui sont dans une situation alarmante depuis des décennies, mais aussi et surtout les conditions de transport et la sécurité des voyageurs utilisant des trains hors TGV).
    Evidemment, l’énarque Macron et ses sbires, eux-mêmes « grands écoliers », ne manqueront pas, dans les semaines à venir, de dénoncer le conservatisme et le corporatisme des cheminots qui lutteront pour conserver ce qu’il reste de leur statut. Nos « grands écoliers » ne manqueront pas non plus d’affirmer que cette défense du statut se fait « au mépris des usagers » « pris en otages par les grévistes »… Et il est même probable que ce cynisme des dirigeants administratifs et politiques ne sera même pas conscient, nos « élites » étant foncièrement incapables de se remettre en cause, de renoncer à l’intouchabilité qu’elles se sont aménagée et d’abandonner l’impunité qu’elles se sont octroyée.

    C'est marqué dans le texte de sanctionner les cheminots de base qui dénoncent depuis plus de 30 ans la politique du tout TGV, laquelle concentre tous les moyens financiers du service « public » dans le développement de lignes TGV prestigieuses mais non rentables et y sacrifie l’entretien des lignes les plus fréquentées

    C'est marqué dans le texte( de sanctionner les cheminots de base qui dénoncent depuis plus de 30 ans la politique du tout TGV, laquelle concentre tous les moyens financiers du service « public » dans le développement de lignes TGV prestigieuses mais non rentables et y sacrifie l’entretien des lignes les plus fréquentées)

  • Réformer le statut des cheminots!! en place depuis 1946(en gros) !! Nettoyer les écuries d'Augias serait beaucoup plus facile.

  • Le statu ???? Les féministes vont encore protester contre la prépondérance du masculin. Remettons la statue de quo à la place qui lui revient, au centre de la place.