Réforme de l'assurance-chômage : Laurent Berger envisage un recours devant le Conseil d'Etat

Réforme de l'assurance-chômage : Laurent Berger envisage un recours devant le Conseil d'Etat
Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, le 26 octobre 2020.

, publié le samedi 06 mars 2021 à 13h45

Avec le nouveau mode de calcul des indemnisations, plus de 800.000 futurs chômeurs auront une allocation mensuelle inférieure à ce qu'ils auraient touché avec les règles actuelles.

Une réforme "injuste", "anachronique" et "politique". Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a vivement dénoncé samedi 6 mars sur Europe 1la réforme de l'assurance-chômage qui va entrer en vigueur partiellement le 1er juillet prochain et a indiqué envisager "la possibilité de faire un recours devant le Conseil d'Etat".

"Cette réforme est injuste. Elle va toucher les salariés précaires qui sont déjà les plus impactés par la crise en 2020, puisqu'ils n'ont pas été protégés par l'activité partielle, ils subissent la baisse de l'activité", a-t-il fustigé. 



An centre des critiques : le nouveau mode de calcul des indemnisations. "Au total, c'est quand même 830.000 chômeurs vont voir leur activité baisser entre 20 et 40%. Certains vont passer de 900 à 650 euros", s'est indigné le leader syndical. "Alors c'est vrai qu'il y a une allocation plancher qui est prévue (...), il n'y a pas la mise en oeuvre des six mois (de travail sur les 24 derniers mois, ndlr) pour avoir l'assurance-chômage, cette réforme elle est moins dure que celle de 2019 mais elle est très dure pour autant", a-t-il ajouté. =1emLe durcissement de l'ouverture et du rechargement des droits (de 4 à 6 mois de travail sur les 24 derniers augmentés d'une période de neutralisation liée aux confinements) ne pourra en effet entrer en vigueur que lorsque le nombre de demandeurs d'emploi aura diminué et que les embauches repartiront. 

"C'est une réforme politique. On n'a pas de visibilité sur les mois à venir, net le gouvernement profite de ce moment-là pour faire une réforme qui va avoir, dès le mois de juillet, un impact très très négatif sur plus de 800.000 demandeurs d'emploi", a-t-il poursuivi. "Il y a des gens qui essayent de s'en sortir et qui aujourd'hui en bavent énormément car les contrats courts ont beaucoup baissé pendant cette crise", a insisté Laurent Berger. 

En novembre 2020, le Conseil d'Etat avait déjà censurée la disposition de la réforme portant sur le nouveau mode de calcul du "salaire journalier de référence", considérant qu'elle "portait atteinte au principe d'égalité".

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