Référendum sur le climat : l'opposition dénonce un "coup de com" de Macron

Référendum sur le climat : l'opposition dénonce un "coup de com" de Macron
Emmanuel Macron, à Paris, le 15 décembre 2020
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, publié le mardi 15 décembre 2020 à 07h55

S'il se concrétisait, le référendum serait le premier à se tenir en France depuis 2005, qui avait porté sur la Constitution européenne et vu la victoire du "non".

A l'issue d'une longue réunion avec les membres de la Convention citoyenne sur le Climat, Emmanuel Macron a annoncé lundi 14 décembre un referendum pour inscrire la défense du climat dans la Constitution. Selon la ministre de la Transition écologique, le gouvernement souhaite y faire inscrire que "la République garantit la préservation de la biodiversité, de l'environnement et la lutte contre le dérèglement climatique".

Emmanuel Macron a précisé que cette consultation porterait sur "une réforme constitutionnelle en un article" pour "introduire les notions de biodiversité, d'environnement, de lutte contre le réchauffement climatique" dans l'article 1.



Elle "doit d'abord passer par l'Assemblée nationale puis le Sénat et être votée en des termes identiques. Ce jour-là, elle sera soumise à référendum", a-t-il expliqué.

Cette annonce a provoqué de vives critiques d'élus de tous bords, qui y voient une manoeuvre tactique.

"Pourquoi pas la faim dans le monde pendant qu'on y est?"

L'opposition a ainsi critiqué un "coup de com" politique dont l'issue est jugée incertaine.

"Cela ne changera rien: la charte de l'environnement a déjà une valeur constitutionnelle", a raillé le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau qui accuse Emmanuel Macron de vouloir "masquer son mauvais bilan écologique". Adoptée en 2004, la charte de l'environnement est, depuis le 1er mars 2005, citée dans le premier alinéa du préambule de la Constitution. "Pourquoi ne pas mettre la lutte contre la pauvreté et la faim dans le monde pendant qu'on y est ?", ironise le député LR Julien Aubert, qui déplore la "communication permanente" du chef de l'Etat.



"Si on vous demande si vous préférez une planète préservée ou une planète détruite par le réchauffement climatique, vous répondrez que vous êtes plutôt pour une planète préservée. Mais si derrière on ne fait rien et que le président Macron continue à détricoter ce qu'à crée la convention climat ça ne sert à rien", estime pour sa part le chef de file du Parti socialiste Olivier Faure.


"Un référendum pour ou contre la pluie, après tout ce que nous venons de subir. Quel cinéma", a de son côté fustigé le numéro 2 du Rassemblement national, Jordan Bardella. "Macron annonce le #référendum le plus bidon et marketing du monde !", renchérit l'ancien cadre du RN (ex-FN) et président des Patriotes, Florian Philippot. 

Du côté institutionnel, la consultation des Français est jugée "fort peu certaine" par Benjamin Morel, maître de conférences en Droit public à l'université Paris II Panthéon-Assas, en soulignant le "peu de temps restant dans le calendrier parlementaire". "Et encore faudrait-il que le groupe LR au Sénat trouve opportun d'accorder un plébiscite sur un sujet a priori consensuel à son principal adversaire politique à un an d'une présidentielle".
 

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