Recrutement : comment le gouvernement veut lutter contre le manque de main-d'oeuvre

Recrutement : comment le gouvernement veut lutter contre le manque de main-d'oeuvre
Le Premier ministre Jean Castex le 22 septembre 2021, à l'Élysée.

publié le lundi 27 septembre 2021 à 16h05

Formation des salariés et des demandeurs d'emploi, accompagnement des chômeurs longue durée... Le Premier ministre a dévoilé lundi 27 septembre un plan pour lutter contre les tensions de recrutement.

Pour réduire le "problème extrêmement sérieux" des tensions sur le marché du travail, le Premier ministre Jean Castex a présenté lundi 27 septembre depuis un centre de formation à Châtellerault (Vienne) un plan.

À ses côtés la ministre du Travail Élisabeth Borne a pointé "la situation paradoxale" consistant à avoir des entreprises "qui ne parviennent pas à recruter" et "des chômeurs qui ne parviennent pas à retrouver un emploi".



Le gouvernement table notamment sur la mise en œuvre de la réforme de l'assurance chômage pour "encourager le travail, le retour à l'emploi et ce, sur des contrats moins précaires", a souligné le chef du gouvernement, le nouveau mode de calcul des allocations devant notamment entrer en vigueur au 1er octobre malgré la mobilisation des syndicats. 

L'exécutif mise aussi sur un renforcement de l'"attractivité des métiers" qui passe par des négociations de branche, pour certaines déjà engagées. La troisième réponse, le "cœur des mesures nouvelles" présentées lundi, selon Jean Castex, est "l'investissement dans les compétences" qui vise à former salariés et demandeurs d'emploi, notamment de longue durée. 

1,4 milliard d'euros débloqués pour la formation

Le gouvernement entend ainsi mobiliser 1,4 milliard d'euros supplémentaires sur 2021 et 2022, dont 900 millions dès cette année pour la formation professionnelle, avec l'objectif de former 1,4 million de demandeurs d'emploi en 2022. Pour cette année, le plan est financé par redéploiement, notamment via "des crédits d'urgence budgétés" pour la crise sanitaire, a précisé Jean Castex.

Dans le détail, l'État va débloquer 600 millions d'euros pour "booster" la formation des salariés par les PME. Il s'agit de permettre aux PME de moins de 300 salariés de former 350.000 personnes supplémentaires (300.000 formations "courtes" de 40 heures en moyenne et 50.000 formations longues de 400 heures en moyenne). 

Le gouvernement entend aussi favoriser les reconversions professionnelles grâce au dispositif des "transitions collectives", qui vise à permettre à des salariés dont l'emploi est menacé de se tourner vers des métiers qui recrutent. Ce dispositif, lancé début 2021, et qui "a tardé à décoller" selon le Premier ministre, doit notamment être simplifié pour être plus accessible aux PME. Il pourra aussi être utilisé dans le cadre d'une rupture conventionnelle collective (RCC).

Former toujours plus de chômeurs 

Dans le cadre du Plan d'investissement dans les compétences (PIC), lancé au début du quinquennat, 560 millions d'euros supplémentaires seront également fléchés pour former 1,4 million de demandeurs d'emploi en 2022.  Selon les dernières données disponibles, publiées lundi, la France (hors Mayotte) comptait 5,883 millions de demandeurs d'emploi de catégorie A, B ou C en août, en baisse de 0,7% sur un mois. Selon le gouvernement, actuellement "plus d'1 million de personnes en recherche d'emploi sont formées chaque année, contre 600.000 avant le +PIC+". 

Le gouvernement entend encore "muscler" ces formations. L'idée est de permettre de financer de nouvelles actions "ciblées vers les métiers en tension, largement basées sur la formation en entreprise, en situation de travail, qui présente les taux de retour à l'emploi les plus importants (jusqu'à 85 %)". Les formations "s'adresseront à l'ensemble des demandeurs d'emploi, quel que soit leur niveau de qualification".

Pour accompagner plus spécifiquement les demandeurs d'emploi de longue durée qui comptent désormais pour plus d'un inscrit sur deux à Pôle emploi, le gouvernement table sur des actions de "remobilisation" et une aide à l'embauche. Ainsi, 240 millions d'euros seront mobilisés pour étendre les aides à l'embauche de 8.000 euros dans le cadre des contrats de professionnalisation. Ces aides seront étendues sur toute l'année 2022. Mme Borne a affirmé que l'"objectif est d'augmenter d'un tiers le nombre de ces contrats signés avec des demandeurs d'emploi de longue durée".
 
Pôle emploi s'engage également à recontacter tous les demandeurs d'emploi de longue durée d'ici fin 2021 et les orienter vers les nouvelles mesures du plan. Pour les demandeurs d'emploi de très longue durée (inscrits depuis plus de deux ans), Pôle emploi proposera aussi un "parcours de remobilisation" plus intensif. Testé dans 12 agences jusqu'en décembre, ce parcours sera ensuite généralisé de façon progressive. L'ensemble des demandeurs d'emploi de très longue durée se verront proposer ces parcours d'ici fin 2022.

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