Recours au 49-3 : Ségolène Royal tance un "gouvernement sourd et aveugle"

Recours au 49-3 : Ségolène Royal tance un "gouvernement sourd et aveugle"
Ségolène Royal, en 2017 (illustration)

, publié le lundi 02 mars 2020 à 08h30

L'ancienne ministre a vertement critiqué la décision d'Edouard Philippe, qui a dégainé l'arme constitutionnelle pour faire passer le projet de réforme de l'exécutif sans vote de l'Assemblée.

Face à l'avancée laborieuse des discussions au Parlement, le Premier ministre a annoncé le recours du gouvernement à l'article 49-3 de la Constitution pour permettre une adoption en première lecture, sans vote, du projet de loi instituant un régime universel de retraite à points. Cette décision provoque l'indignation de l'opposition, tous bords confondus. "On est à la fois dans le dénigrement et l'arbitraire", a déploré pour sa part Ségolène Royal, lundi 2 mars.

L'ex-ministre, qui a récemment été démise de ses fonctions d'ambassadrice des pôles par l'exécutif, a critiqué un "gouvernement sourd et aveugle". Invitée de la matinale de RTL, l'ancienne candidate à la présidentielle de 2017 estime que le recours à l'arme constitutionnelle du 49-3 "choque la société toute entière".

"C'est incompréhensible", estime t-elle, déplorant "un problème de contenu et de méthode". "Que ce soit une arme constitutionnelle, ce n'est pas contestable, mais lorsqu'il a été utilisé c'était pour contraindre une majorité à soutenir le gouvernement", estime t-elle au sujet du 49-3, ajoutant que "le débat (sur les retraites, ndlr) va continuer, d'où l'absurdité de mettre fin au débat parlementaire". "On a un gouvernement sourd et aveugle, qui dit 'On n'écoute rien, on avance et on fait comme on a dit'", a t-elle encore commenté.

Un "49-3 de rassemblement", selon Pietraszewski

Du côté du gouvernement, le secrétaire d'Etat chargé des Retraites, Laurent Pietraszewski, a défendu le choix d'abréger les débats à l'Assemblée pour faire adopter la réforme, évoquant "un 49-3 de rassemblement" qui "reprend presque toutes les demandes de la majorité", dans un entretien aux Echos. "Nous avons fait un 49-3 de rassemblement", estime a contrario Laurent Pietraszewski, faisant valoir que le texte sur lequel le gouvernement engage sa responsabilité "reprend presque toutes les demandes de la majorité" et "manifeste que les oppositions ont été entendues".

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