Recours au 49-3 : plusieurs élus de la majorité prennent leurs distances

Recours au 49-3 : plusieurs élus de la majorité prennent leurs distances
L'Assemblée nationale (illustration)

, publié le lundi 02 mars 2020 à 11h50

L'utilisation de la disposition constitutionnelle est loin de faire l'unanimité au sein de la majorité. 

Deux élus marcheurs du Parlement ont exprimé publiquement leur désaccord avec le recours du gouvernement à l'article 49-3 de la Constitution sur le projet de loi sur les retraites. Du côté de la Chambre haute, le sénateur Michel Amiel a annoncé ce 1er mars qu'il quittait La République en Marche, après la décision de l'exécutif.

"Il y a eu une succession de maladresses très très défavorables à une action gouvernementale fluide", a expliqué l'élu des Bouches-du-Rhône.


"Le fin du fin, c'est le 49-3, un samedi soir en pleine période d'épidémie de coronavirus, presque en catimini", a-t-il poursuivi. "A un moment donné, la forme est indissociable du fond et ça crée un véritable malaise entre l'exécutif et les gens", fait valoir l'élu, également candidat aux municipales aux Pennes-Mirabeau (Bouches-du-Rhône), dont il a été le maire jusqu'en 2017.

"C'est une décision qui traduit chez moi une profonde déception d'un certain nombre de choses", souligne-t-il. "Un bon débat parlementaire" aurait, selon lui, permis d'améliorer le projet de réforme des retraites. Dans un communiqué mis en ligne, il dénonce par ailleurs une décision qui relève "du cynisme et de l'incompétence politique".

"Le 49-3 ne doit pas être la fin du débat démocratique"

A l'Assemblée nationale, la députée des Alpes-de-Haute-Provence Delphine Baggary a publié pour sa part un communiqué où elle fait part de ses "regrets" publics quant à l'utilisation du 49-3. L'élue de la majorité avait signé une tribune avec d'autres de ses collègues marcheurs, "invitant le gouvernement à chercher d'autres solutions". "Je suis favorable à la réforme des retraites et malgré les points d'avancées sur le texte qui nous sera soumis cette semaine, certains m'interpellent encore", explique t-elle, évoquant les débats sur "la prise en compte de la pénibilité, des carrières longues et la sauvegarde des pensions de la fonction publique".


"Le 49-3 ne doit pas être la fin du débat démocratique. Le gouvernement a repris certaines avancées proposées par les parlementaires et les partenaires sociaux, mais ça reste insuffisant", estime t-elle. "Nous aurons besoin d'un véritable débat à l'Assemblée nationale", poursuit-elle, évoquant des prochaines semaines "décisives (...) à la fois pour l'Assemblée, son image auprès de ceux qu'elle représente et l'avenir même de l'exercice démocratique en France. J'y prendrai ma part et mes responsabilités", conclut-elle.
 

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