Reconfinement : le Sénat refuse son soutien au gouvernement

Reconfinement : le Sénat refuse son soutien au gouvernement
le Sénat, le 13 octobre 2020.

, publié le jeudi 29 octobre 2020 à 18h10

Ce rejet n'a pas d'incidence sur les mesures annoncées par Emmanuel Macron. Le vote portait sur une déclaration de Jean Castex faite un peu plus tôt dans la journée devant les sénateurs, et pas sur un texte de loi. 

L'Assemblée nationale a apporté jeudi 29 octobre un large soutien, par 399 voix contre 27, au gouvernement et au reconfinement décidé par l'exécutif face à la deuxième vague du Covid-19 lors du débat sur la crise sanitaire.

Ce n'est néanmoins pas le cas du Sénat.




Le Sénat, dominé par l'opposition de droite, s'est prononcé par 178 voix contre, 130 voix pour et 27 abstentions contre la déclaration du Premier ministre Jean Castex sur la crise sanitaire, dans une atmosphère lourde des annonces gouvernementales et encore assombrie par l'attentat de Nice. La très grande majorité des sénateurs Les Républicains a voté contre, de même que près de la moitié des centristes.

Ce rejet n'a pas d'incidence sur les mesures annoncées la veille au soir par Emmanuel Macron. Le vote portait sur une déclaration de Jean Castex faite un peu plus tôt dans la journée devant les sénateurs, et pas sur un texte de loi.

"Vous nous demandez finalement une confiance, cette confiance nous ne pouvons pas vous l'accorder (...) les Français ne vous font plus confiance", a déclaré le chef de file des sénateurs LR Bruno Retailleau, regrettant "un vote pour rien", "un vote inutile". "Les jeux sont faits, tout est décidé, c'est un théâtre d'ombres, ce débat et ce vote", a-t-il ajouté.

"Votre vote n'est pas secondaire, votre vote n'est jamais secondaire", a répondu le chef du gouvernement, pour qui il s'agit "d'abord d'un vote de clarification et de prise de responsabilité". "J'ai entendu au cours de vos interventions quelques touches de démagogie que les circonstances présentes ne me paraissent pas autoriser", a-t-il ajouté. A l'Assemblée nationale jeudi matin les députés Les Républicains n'avaient pas pris part au vote en raison de l'attaque à Nice.

"Les parlementaires ne sont pas à votre botte"

Egalement dans la majorité sénatoriale, le groupe centriste, par la voix de Philippe Bonnecarrère, a dénoncé "un abaissement du Parlement". "L'hyper-présidentialisation de nos institutions va trop loin", a-t-il affirmé. Le PS a voté pour, mais "ce n'est en aucun cas un vote de confiance", a précisé le président du groupe Patrick Kanner. "C'est un vote pour protéger les Français", a-t-il dit, invitant l'exécutif à "sortir de la verticalité".

"Le Parlement est mis devant le fait accompli", a fait écho la présidente du groupe CRCE à majorité communiste Eliane Assassi, défendant le "vote contre". Le groupe écologiste a choisi l'abstention, son président Guillaume Gontard affirmant que "le Parlement doit retrouver toute sa place". "Les parlementaires ne sont pas à votre botte", a lancé plus directement Stéphane Ravier (RN).

Pour le président du groupe RDPI (à majorité En marche) François Patriat, l'exécutif "écoute" le Parlement, fustigeant des "critiques pas à la hauteur de la gravité de la situation".Le groupe RDSE à majorité radicale a apporté pour sa majeure partie son soutien au gouvernement.

"Tout le monde voit bien qu'on est en présence d'un phénomène inédit qui force à hésiter, à changer d'avis, à réagir au coup par coup, et pourtant tout le monde attend des décisions assurées et nettes", a pour sa part déclaré le président du groupe Indépendants Claude Malhuret. 

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