Recensement des migrants : "Une victoire politique" pour le FN

Recensement des migrants : "Une victoire politique" pour le FN
Marine Le Pen entourée des deux députés FN, Gilbert Collard et Sébastien Chenu le 24 octobre 2017 à l'Assemblée nationale.

Orange avec AFP, publié le lundi 18 décembre 2017 à 21h20

Le gouvernement se retrouve sous le feu des critiques après l'annonce de son projet de recenser les migrants dans les centres d'hébergement d'urgence, au risque d'instaurer une logique de "tri" selon les associations.

La colère des associations, dont SOS Racisme, le Secours catholique et la Fédération de l'entraide protestante (FEP), se cristallise autour d'une circulaire datée du 12 décembre, dans laquelle le ministère de l'Intérieur demande aux préfets d'envoyer des "équipes mobiles" pour procéder à un recensement dans les centres d'hébergement d'urgence. Mesure pratique, souligne-t-on place Beauvau, en expliquant que le flou régnant autour des personnes hébergées contribue à la saturation des structures.

L'idée est donc de réorienter les occupants en fonction de leur situation administrative (réfugié, débouté...).

Craignant une "atteinte aux droits" des personnes étrangères, les associations ont dénoncé "un renoncement sans précédent aux valeurs et aux traditions humanistes de la République". Elles ont saisi le Défenseur des droits, Jacques Toubon, ce lundi 18 décembre. Au-delà, c'est la politique migratoire du gouvernement dans son ensemble qui est de plus en plus visée, alors qu'un projet de loi attendu au premier semestre aiguise les inquiétudes.

"CONCERT DE PLEUREUSES" POUR LE FN

Le Front national (FN) s'est "félicité" lundi "que le problème majeur de l'immigration soit posé", y voyant une "victoire politique". Le parti, présidé par Marine Le Pen, demande par ailleurs à être reçu par le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, au sujet du projet de loi sur l'immigration. "Si le gouvernement se bornait à n'entendre que les partisans de l'immigration, cela en dirait long sur son incapacité à considérer ce sujet dans toute sa dimension", fait valoir le FN, en dénonçant "le concert des pleureuses et les rituelles incantations médiatiques des associations d'extrême gauche qui travaillent à la submersion du pays et de l'Europe".



Le parti de Marine Le Pen affirme qu'il "participera à ce débat essentiel avec l'intention de mettre en lumière le désastre pour tout le monde de ces transferts massifs de populations : désastre pour les pays d'accueil qui n'ont plus l'envie ni les moyens de cette folle politique, désastre pour les pays d'origine qui perdent des forces vives, et désastre pour les migrants eux-mêmes, qui errent au péril de leur vie vers ou dans une Europe qui n'a pas besoin d'eux".



"INACCEPTABLE" POUR LA CFDT

Le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger a lui qualifié d'"inacceptable" ce projet, demandant au gouvernement de renoncer à sa "vision répressive" de ce dossier. "Je suis en colère sur la politique d'immigration du gouvernement, j'ai même un peu mal à mon pays en termes de valeurs", a affirmé le numéro un de la centrale sur Franceinfo. Il demande que les migrants soient "accueillis humainement", quel que soit leur statut, demandeurs d'asile ou migrants économiques ou climatiques.



C'est "un devoir moral, un devoir de valeur d'accueillir toute détresse humaine", a-t-il affirmé, disant des associations qu'elles font un "travail extraordinaire d'accueil". Le syndicaliste "souhaite" qu'il y ait en France "une politique de réfugiés, une politique d'asile". Il a plaidé pour "un vrai débat sur l'immigration en Europe et en France qui permette d'apaiser" le sujet. "Il faut arrêter de se cacher derrière cette vision répressive entre des bons et des mauvais migrants", a-t-il ajouté.

Vous êtes responsable des propos que vous publiez.
Merci de respecter nos CGU