Radicalisation : 231 étrangers en situation irrégulière restent à "expulser", selon Gérald Darmanin

Radicalisation : 231 étrangers en situation irrégulière restent à "expulser", selon Gérald Darmanin
Gérald Darmanin à Boulogne-Billancourt, le 27 septembre 2020/

, publié le mardi 13 octobre 2020 à 15h24

Sur les 22.000 personnes suivies -dont 8.000 fiches sont "actives"-, 4.111 sont des ressortissants étrangers et 851 sont en situation irrégulière.

Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin a présenté, mardi 13 octobre pour la première fois, les chiffres mensuels de l'activité des forces de l'ordre. Il a évoqué la lutte contre la drogue, contre les violences sexistes, mais aussi la guerre engagée contre l'islam radical.

Le ministre a ainsi indiqué qu'il y avait sur le territoire français 231 étrangers en situation irrégulière suivis pour radicalisation "qu'il nous faut expulser", dont 180 actuellement incarcérés.


"Il reste (...) 231 personnes aujourd'hui qu'il nous faut expulser, qui sont en situation irrégulière et suivies pour soupçon de radicalisation", a détaillé Gérald Darmanin.

Ils font partie des 851 immigrés clandestins actuellement inscrits au fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT), a-t-il ajouté.

Dans le détail, sur les 22.000 personnes suivies au FSPRT, dont 8.000 fiches sont "actives", 4.111 sont des ressortissants étrangers et 851 sont en situation irrégulière. "Il y a déjà eu 661 mesures d'éloignement prises", a précisé devant la presse le ministre de l'Intérieur, dont 428 "expulsions du territoire national qui ont été effectuées".


Sur les 231 personnes pour lesquelles une mesure a été engagée mais qui ne s'est pas concrétisée par une expulsion, 50 personnes "présentent un motif légitime" qui justifie qu'elles restent à ce stade en France, a-t-il détaillé. Il s'agit par exemple de personnes originaires de pays en guerre, vers lesquels la France ne peut pas expulser en vertu des conventions internationales. "Chacun comprend qu'il est difficile d'expulser vers la Libye", a ainsi déclaré Gérald Darmanin. Il y a également "180 personnes qui sont incarcérées et à la fin de leur incarcération consigne a été donnée de pouvoir expulser", a-t-il encore précisé, assurant vouloir suivre "individuellement chaque cas concerné".

Par ailleurs, Gérald Darmanin a annoncé que "12 lieux de radicalisation" ont été fermés en septembre, dont une mosquée non déclarée et une école hors contrat dans l'Hérault, un établissement culturel dans la Loire, cinq commerces et un débit de boisson. Au total, 73 lieux soupçonnés de radicalisation ont été fermés depuis le début de l'année.

Le ministre a également communiqué les chiffres de la lutte contre les trafics de drogue. Un total de 4,2 tonnes de cannabis ont été saisies en septembre contre trois tonnes en août, a-t-il indiqué. Les services de police et de gendarmerie ont également procédé à 1.189 interpellations liées au trafic de stupéfiants en septembre, en hausse de 25% par rapport à août, a ajouté le ministre de l'Intérieur. Concernant la cocaïne, en revanche, les saisies sont en forte baisse avec 277 kilos interceptés en septembre contre 1,3 tonne le mois d'août, "qui a donné la part belle à de grandes opérations et donc à de grandes saisies", a justifié Gérald Darmanin.

À titre de comparaison, en 2019, près de 100 tonnes de cannabis et 15 tonnes de cocaïne avaient été saisies par les forces de l'ordre, au même niveau que les records déjà atteints en 2017 et 2018. Depuis son arrivée à Beauvau, le ministre de l'Intérieur a fait de la lutte contre le trafic de stupéfiants "l'alpha et l'oméga" de sa politique de sécurité, en assurant qu'il ne menait pas une "politique du chiffre" mais "une politique du résultat". Il a justifié la publication mensuelle "d'indicateurs" de sécurité par "souci de transparence".

Un total de 9.532 amendes forfaitaires de 200 euros ont été dressées contre les consommateurs de stupéfiants par les forces de l'ordre entre le 1er septembre, date de leur généralisation en France, et le 8 octobre, a ajouté le ministre. La Seine-Saint-Denis, les Bouches-du-Rhône, les Alpes-Maritimes et Paris sont les départements qui ont enregistré le plus de verbalisations. 

 

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