Quartiers populaires : 150 élus lancent un "appel au secours" à Emmanuel Macron

Quartiers populaires  : 150 élus lancent un "appel au secours" à Emmanuel Macron
Une ville de banlieue parisienne.
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, publié le samedi 14 novembre 2020 à 10h45

Ces élus locaux demandent que 1% des 100 milliards d'euros du Plan de relance soit consacré aux "territoires en décrochage".

Maires, présidents d'agglomérations ou encore responsables associatifs de quartiers prioritaires... Au total 150 élus de tous bords et responsables associatifs, "représentant près de 10 millions d'habitants", ont publié vendredi une lettre ouverte au président de la République pour réclamer "l'égalité républicaine" des quartiers prioritaires et des moyens financiers. Ils demandent qu'1% du Plan de relance de 100 milliards d'euros lancé en septembre par le gouvernement pour lutter contre les conséquences économiques de l'épidémie de Covid-19 soit consacré aux "territoires en décrochage", dont la "détresse sociale et économique" a été accentuée par la crise sanitaire. 



Trois ans après les engagements d'Emmanuel Macron, qui avait annoncé un "plan de mobilisation nationale" pour les quartiers populaires, les signataires de l'appel déplorent que "seules quelques mesures, portées principalement par les villes, ont pu être engagées (uniquement quatre avec le portage de l'Etat !)". Une situation d'autant plus inquiétante, soulignent-ils, que la crise provoquée par l'épidémie de Covid-19 a frappé de plein fouet leurs communes.

"Face à ce nouveau contexte, le sentiment qui domine est celui de non-assistance à territoires en danger", écrivent-ils. "Aucune mesure ambitieuse" n'a été prise pour répondre à la détresse sociale et économique de leurs communes, regrettent-ils encore, soulignant que les demandes d'aide alimentaire "explosent", que le chômage "augmente" et que "la demande de RSA progresse massivement". "Les villes et quartiers populaires restent un angle mort du Plan de relance", assènent-ils. 

Elus communistes, socialistes, républicains et responsables associatifs estiment donc "crucial" que "le plan de 100 milliards d'euros consacre et sanctuarise 1% pour les territoires en décrochage", pour permettre notamment de financer un fonds d'urgence pour les associations ; de créer des comités locaux en charge de l'aide d'urgence et des maisons médicales dans les villes les plus pauvres ; de lancer un fonds pour mobiliser les acteurs de l'emploi ; de créer 7.000 postes de médiateurs ; de mettre en place des plans de lutte contre l'illettrisme et l'illettrisme numérique ; de renforcer des programmes d'éducation aux médias et au numérique dans les collèges et lycées. 

"Aujourd'hui, un autre virus se développe dans nos quartiers et même au-delà : celui du décrochage à la République, et ce à cause de 'l'immobilisme' de l'Etat", mettent-ils en garde, ajoutant qu'"il serait irresponsable de nier que la haine et le repli sur soi prospèrent à mesure que la rupture sociale et la pauvreté augmentent".

Parmi les signataires de cet appel figurent des maires toutes sensibilités politiques, dont François Baroin (Troyes), Johanna Rolland (Nantes), Guillaume Delbar (Roubaix), Frédéric Leturque (Arras), Patrice Bessac (Montreuil), Olivier Gacquerre (Béthune) ou encore Laurent Marcangeli (Ajaccio).
 

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