Quand le gouvernement s'attribue l'interdiction des néonicotinoïdes, pourtant votée sous Hollande

Quand le gouvernement s'attribue l'interdiction des néonicotinoïdes, pourtant votée sous Hollande
Une abeille photographiée près de Godewaersvelde, dans le Nord, le 8 juin

, publié le lundi 03 septembre 2018 à 12h00

Entrée en vigueur le 1er septembre dernier, la fin des néonicotinoïdes, ces pesticides "tueurs d'abeilles", avait en réalité été actée en 2016, sous l'impulsion de Ségolène Royal.

Quelques jours seulement après le départ fracassant de Nicolas Hulot, les membres du gouvernement se sont réjouis de la mise en place d'une mesure environnementale forte : l'interdiction des néonicotinoïdes. Au sein de la majorité, chacun y est allé de sa déclaration, en faveur d'une avancée qui "place notre pays en précurseur pour la protection (...) de l'environnement et de la santé", a notamment estimé la ministre de la Santé, Agnès Buzyn.





Sur Twitter, le président de la République a salué "notre engagement pour la biodiversité en action", laissant penser que son gouvernement était à l'origine de la mesure. "Il y a ceux qui parlent et ceux qui font. Nous faisons", s'est même targué le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, cité par Le Monde.



Sauf que l'interdiction des néonicotinoïdes dans l'agriculture n'est pas une chose nouvelle : elle avait en fait été votée en 2016, sous la présidence de François Hollande, rappelle Le Monde. La majorité actuelle s'est contentée de signer le décret d'application. Une information passée sous silence par la majorité, mais que n'a pas manqué de rappeler Ségolène Royal, ministre de l'Environnement au moment de l'adoption de la mesure.



Apparus dans les années 1990, les néonicotinoïdes sont les pesticides les plus utilisés au monde. Ils s'attaquent au système nerveux des insectes et sont accusés de décimer les colonies d'abeilles et de bourdons.

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