Quand des politiques dénoncent un acharnement de la justice

Quand des politiques dénoncent un acharnement de la justice
Jean-Luc Mélenchon le 19 octobre 2018 lors d'une conférence de presse à Paris

AFP, publié le vendredi 19 octobre 2018 à 17h03

A l'instar du leader de La France insoumise (LFI) Jean-Luc Mélenchon, d'autres responsables politiques se sont dits victimes d'une instrumentalisation de la justice ces dernières années, dont Marine Le Pen, François Fillon ou Nicolas Sarkozy.

- Marine Le Pen: une "méthode de régime totalitaire" -

Le 20 septembre 2018, la présidente du Rassemblement national (RN, ex-FN) Marine Le Pen s'insurge contre une expertise psychiatrique ordonnée par la justice dans l'enquête qui la vise pour avoir diffusé des photos d'exactions du groupe État islamique (EI) sur Twitter, un examen cependant prévu par la procédure pénale.

"Je croyais avoir eu droit à tout: eh bien non ! Pour avoir dénoncé les horreurs de Daech par tweets, la +justice+ me soumet à une expertise psychiatrique ! Jusqu'où vont-ils aller ?!", tweete la finaliste de la présidentielle de 2017.

"Dans les régimes totalitaires c'est une des méthodes qui est utilisée contre les opposants", affirme-t-elle ensuite, indiquant qu'elle ne se soumettra "bien entendu" pas à cet examen.

Le 9 septembre, Mme Le Pen avait déjà qualifié de "hold-up" le gel par les juges de 2 millions d'euros d'aides publiques destinés à son parti, dans l'enquête sur les assistants parlementaires du FN au Parlement européen.

- Fillon : "Un assassinat politique" -

Le 1er mars 2017, en pleine campagne présidentielle, le candidat François Fillon annonce qu'il est convoqué par les juges d'instruction en vue d'une probable mise en examen dans l'enquête sur l'emploi présumé fictif de sa femme Pénélope comme attachée parlementaire.

"Je ne céderai pas. Je ne me rendrai pas", déclare-t-il, dénonçant une convocation "dans la ligne d'une enquête menée depuis le début exclusivement à charge" et "un assassinat politique".

"Je n'ai pas été traité comme un justiciable comme les autres", "la présomption d'innocence a complètement et entièrement disparu", affirme encore l'ancien Premier ministre.

À quarante jours de la présidentielle, le 14 mars, François Fillon est mis en examen, une première pour un candidat majeur dans la course à l'Élysée. Devant les juges, M. Fillon refuse alors de répondre aux questions et se borne à lire une déclaration.

- Sarkozy : "Une volonté d'humilier" -

Le 1er juillet 2014, Nicolas Sarkozy, mis en examen pour corruption active et soumis la nuit précédente à une garde à vue inédite pour un ancien président de la République, se livre à un violent réquisitoire contre la justice. 

"Il y a eu une volonté de m'humilier", déclare l'ancien chef de l'État dans une interview diffusée à la radio et à la télévision.

Dénonçant "une instrumentalisation politique" de la justice, comme il l'avait fait en mars dans une tribune au Figaro où il avait même évoqué la Stasi (police politique de la RDA), il qualifie de "grotesques" les chefs d'accusation retenus contre lui et met en cause la juge Claire Thépaut, qui l'a mis en examen.

"Est-il normal qu'on choisisse (...) un magistrat qui appartient au SM" (Syndicat de la magistrature classé à gauche, ndlr) et "dont l'obsession politique est de détruire la personne contre qui il doit instruire à charge et à décharge?", demande M. Sarkozy.

Les juges d'instruction cherchaient à établir si M. Sarkozy avait tenté d'obtenir des informations couvertes par le secret auprès d'un haut magistrat de la Cour de cassation, Gilbert Azibert, à propos d'une décision de justice le concernant, en échange de la promesse d'un poste de prestige à Monaco. Dans ce dossier, le parquet a requis le renvoi de l'ex-président devant le tribunal.

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