Quand Brigitte Macron inspire des escrocs

Quand Brigitte Macron inspire des escrocs
Brigitte Macron a mandaté son avocat pour qu'il se saisisse du dossier.

leparisien.fr, publié le mardi 08 mai 2018 à 18h42

Plusieurs Français se sont fait arnaquer pensant que la première dame était l'égérie d'une marque de crème antirides.

Non, Brigitte Macron n'est ni l'égérie d'une marque de crème antirides, ni la patronne d'une entreprise de cosmétiques ! C'est pourtant ce dont se sont laissés convaincre plusieurs dizaines de Français, victimes d'une redoutable arnaque sur Internet. Depuis un mois, une vingtaine d'entre eux ont pris la plume pour informer l'épouse du président de cette escroquerie. Dans la foulée, Brigitte Macron a mandaté son avocat pour qu'il se saisisse du dossier.

Une duperie construite en deux temps. Il y a d'abord ces faux articles de presse qui reprennent les caractères et la mise en page de véritables sites d'informations en ligne. Ils y inventent la success story de la prétendue entreprise de cosmétiques de la première dame, évidemment utilisatrice de la « solution antirides qui pourrait changer l'industrie des soins pour la peau pour toujours (sic) » ! À l'appui de la démonstration, une photo de l'épouse du chef de l'État, rayonnante. Des méandres de la toile surgit alors une publicité sur les produits en question.

« C'est arrivé comme ça », confie Anne-Marie, 68 ans, qui s'est trouvée nez à nez avec cette alléchante crème « pour peaux matures ». « Cela disait que Mme Macron était associée à l'entreprise et que Mmes Obama et Bruni sont de bonnes clientes, poursuit-elle. Je me suis dit que c'était sérieux. »

88 euros le produit

Quelques clics plus tard, sur le site Beauty and truth, cette habitante du Lot se laisse tenter par une dose d'essai, commercialisée à 3,95 €, correspondant aux frais de port. Elle entre ses coordonnées bancaires. Problème : elle découvre alors qu'elle vient de souscrire à un abonnement. Anne-Marie essaie alors de joindre le service client par téléphone, pendant plusieurs jours, sans succès. Elle insiste et, lorsqu'un interlocuteur décroche enfin, apprend, médusée, qu'elle doit s'acquitter de... 88 € par produit ! Suit un échange de mails pour obtenir le droit de résilier.

« J'allais rajeunir de 25 ans mais c'était quand même un peu exagéré », commente celle qui, entre-temps, a reçu les précieux onguents. « Je ne les ai même pas ouverts ! Je me suis dit que c'était forcément de la poudre de perlimpinpin ! Ils m'ont donné une adresse pour réexpédier le colis, à Chypre, dans la ville de Larnaca, un nom très bien choisi », glisse celle qui assure avoir été « un peu naïve ». « J'ai sincèrement pensé que Brigitte Macron sponsorisait cette société. Je me suis dit qu'elle avait le droit de travailler, comme tout le monde ! » se justifie Anne-Marie.

L'image de la première dame déjà détournée

Sauf que l'ancienne professeur de lettres n'a aucun lien commercial avec l'industrie cosmétique. « Ça l'a vraiment agacée », commente l'un de ses proches. Son avocat est intervenu pour faire retirer les pages internet relayant les « fake news » (fausses informations). D'autres dispositions juridiques sont désormais envisagées. D'autant que ce n'est pas la première fois que l'image de Brigitte Macron est détournée. En mars, son cabinet avait déjà porté plainte pour « usurpation d'identité ».

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