Propos d'Emmanuel Macron sur l'immigration et l'Afghanistan : dénoncés par la gauche, la majorité évoque des "raccourcis malhonnêtes"

Propos d'Emmanuel Macron sur l'immigration et l'Afghanistan : dénoncés par la gauche, la majorité évoque des "raccourcis malhonnêtes"
Emmanuel Macron lors de son allocution sur l'Afghanistan, le 16 août 2021.

publié le mardi 17 août 2021 à 15h00

La droite et le RN ont eux appelé à la "fermeté" craignant une "nouvelle vague migratoire en Europe" dont "la France n'a pas les moyens".

Alors que la gauche a vivement dénoncé les propos d'Emmanuel Macron sur les "flux migratoires irréguliers" en provenance d'Afghanistan, la majorité a défendu le "en même temps" macronien tandis que droite et RN ont appelé à la fermeté sur ce thème sensible à l'approche de la présidentielle.



Au coeur de la polémique, l'allocution télévisée du chef de l'Etat de lundi 16 août. Le président a d'un côté assuré que "la France fait et continuera de faire son devoir pour protéger celles et ceux qui sont les plus menacés", tout en ajoutant que "nous devons anticiper et nous protéger contre les flux migratoires irréguliers importants qui mettraient en danger ceux qui les empruntent et nourriraient les trafics de toute nature". Devant les réactions provoquées, Emmanuel Macron a précisé lundi peu avant minuit sur Twitter, à propos de ses déclarations "que certains veulent détourner", que "la France fait et continuera de faire son devoir pour protéger celles et ceux qui sont les plus menacés".

L'explication pédagogique de la majorité s'est poursuivie, le secrétaire d'Etat aux affaires européennes Clément Beaune dénonçant de "tristes polémiques", et le porte-parole du groupe LREM Pieyre-Alexandre Anglade regrettant des "raccourcis malhonnêtes".

"Tristes polémiques, quand la situation exige dignité et unité nationales. Le président Emmanuel Macron a évoqué (lundi) soir, avant tout, la protection et l'accueil des Afghanes et des Afghans menacés. La France sera à la hauteur de cette exigence morale et humanitaire", a souligné le secrétaire d'Etat. "Oui, nous devons le faire de manière coordonnée et ordonnée avec nos partenaires européens. Si chaque pays 🇪🇺 agit seul, nous ne serons ni efficaces ni justes", a-t-il ajouté sur Twitter.



"Triturer une intervention, en garder une phrase et la sortir de son contexte pour mieux s'en indigner à grand coup de tweet et de raccourcis malhonnêtes, voilà ce que certains ont choisi de faire ce soir sans même avoir lu ou entendu tout l'extrait", a dénoncé Pieyre-Alexandre Anglade sur le réseau social. "Le président a fait de l'accueil des Afghans en France le cœur de son intervention. Il a proposé une initiative européenne pour 'anticiper' les flux de réfugiés. Savoir regarder une situation dans toute sa complexité", a-t-il souligné.

Défendant le "en même temps" macronien, Patrick Mignola, patron du groupe Modem, a de son côté regretté sur franceinfo que "vous avez en France un certain nombre de gens qui expliquent qu'il faudrait accueillir tout le monde ce qui n'est pas à la hauteur de nos capacités. Ou qu'il faudrait accueillir personne ce qui n'est pas à la hauteur des nos valeurs". "J'observe d'ailleurs qu'un certain nombre de candidats à l'élection présidentielle de l'année prochaine ne se sont pas exprimés du tout", a-t-il ajouté.


Avant le discours du chef de l'Etat, l'ex-LR Xavier Bertrand, candidat à la présidentielle, avait averti que "la crise afghane se poursuivra sous la forme d'une nouvelle vague migratoire en Europe". Un constat proche de celui de Marine Le Pen. "Nul doute que cette situation entraînera, pour nos pays, un risque accru d'attentats et la perspective de nouvelles vagues d'immigration", a estimé la présidente du RN.

Selon l'eurodéputé RN Thierry Mariani, "la seule question est comment éviter l'afflux de réfugiés qui ne manqueront pas d'être infiltrés par les islamistes". "On doit accueillir les réfugiés politiques" mais "il ne faut pas que des gens utilisent cette situation pour venir en France pour d'autres raisons", a de son côté plaidé le maire de Béziers Robert Ménard, proche du RN, sur Europe1.


Sur ce sujet migratoire, où le discours s'est durci ces derniers mois chez LR, le président du groupe au Sénat Bruno Retailleau a appelé à faire preuve de "fermeté". "La France n'a pas les moyens d'une vague migratoire de plus", a également estimé Laurent Wauquiez, président Les Républicains de la région Auvergne-Rhône-Alpes.
 

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