Propos contre la PMA : pourtant mise en garde, la députée LREM Agnès Thill persiste

Propos contre la PMA : pourtant mise en garde, la députée LREM Agnès Thill persiste
La députée LREM de l'Oise Agnès Thill le 13 mai 2017 à Paris.
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Orange avec AFP-Services, publié le mercredi 27 février 2019 à 09h18

Convoquée devant la semaine dernière devant les instances disciplinaires de son parti, la députée LREM Agnès Thill se voyait reprocher ses propos anti-PMA. 

"Je me suis engagée à faire attention à mes propos". Voici ce qu'avait affirmé à l'AFP la députée LREM Agnès Thill alors qu'elle venait d'échapper à l'exclusion de son parti.

Mardi 19 février, la députée controversée avait été reçue par la commission des conflits de La République en marche. Alors que certains députés réclamaient son exclusion après ses propos sur la PMA, Agnès Thill n'avait finalement écopé que d'une mise en garde. 

Une semaine seulement après sa convocation, la députée de l'Oise a répondu à un tweet de la secrétaire d'État à l'Égalité femmes-hommes. "Le Grand Debat a mis en lumière les difficultés des mères isolées. Il n'est pas juste que tant de femmes aient à assurer seules l'éducation de leurs enfants", a écrit Marlène Schiappa. Réponse d'Agnès Thill : "Et on voudrait créer des conditions pour que des femmes, sans conditions de ressources enfantent seules et vivent seules avec leur enfant grâce à la PMA pour toutes, le tout remboursé par la Sécurité sociale ? Comprenne qui pourra."



"Le dernier avertissement"

Dans une déclaration transmise à l'AFP, le patron du groupe LREM à l'Assemblée Gilles Le Gendre affirmait qu'Agnès Thill s'était "engagée à ne pas réitérer de tels propos, et à observer les règles d'un débat serein et respectueux lors de l'examen prochain des lois de bioéthique". "Je serai attentif à ce que cet engagement soit respecté", avait promis le patron du groupe majoritaire.


Selon le porte-parole des députés LREM Hervé Berville, il s'agissait alors du "dernier avertissement". "Il faut qu'elle arrête de jeter de l'huile sur le feu", avait-il prévenu. 

Agnès Thill, qui s'oppose à l'extension de la procréation médicalement assistée (PMA), avait estimé en janvier que "l'absence de genre dans le mot parent favorise l'éclosion d'écoles coraniques", à l'occasion de la publication du rapport de la mission parlementaire sur la bioéthique. Elle avait déjà été mise en garde à plusieurs reprises auparavant par LREM, notamment pour des propos concernant un supposé "lobby LGBT à l'Assemblée nationale".


La ligne rouge a-t-elle été franchie ? 

En novembre, en particulier, le mouvement LREM et Gilles Le Gendre avaient déjà adressé une lettre à la députée, la mettant en garde une "dernière" fois "contre les excès" de ses "prises de position publiques". Dernièrement, elle a suscité une nouvelle levée de boucliers après avoir comparé les "femmes seules" qui souffrent de ne pas avoir d'enfant et veulent bénéficier de la PMA à des "droguées".

Convoquée mardi dernier pour ces propos polémiques sur la PMA, la députée LREM n'avait alors reçu qu'une mise en garde. Cette mise en garde pourrait se transformer en exclusion "si (Agnès Thill) venait à renouveler un tel comportement". La ligne rouge a-t-elle cette fois été franchie ? 

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